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Plusieurs centaines d'échoppes détruites dans les souks couverts d'Alep

29/09/2012 12:30 EDT | Actualisé 29/11/2012 05:12 EST

BEYROUTH - Les rebelles et les habitants d'Alep tentaient samedi de maîtriser un incendie qui a détruit une partie des souks couverts, au coeur de la vieille ville, alors que de violents combats y avaient opposé forces syriennes et insurgés. Selon des activistes, plusieurs centaines d'échoppes sont parties en fumée.

Le labyrinthe de ruelles étroites dans lesquelles se trouvent de nombreuses boutiques était avant le conflit une attraction touristique majeure, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, mais il a été ces dernières semaines le théâtre d'affrontements et de bombardements quasi-quotidiens, les rebelles ayant pris le contrôle du centre-ville il y a deux mois. Des soldats du régime et des snipers ont pris position dans la citadelle qui domine la ville, ont affirmé des activistes.

Sur des images diffusées en ligne par des activistes, on pouvait voir des flammes lécher les portes en bois des petites boutiques et des rebelles utiliser un petit tuyau d'arrosage pour essayer d'éteindre l'incendie.

D'après un militant de l'opposition sur place, Ahmed al-Halabi, de nombreuses échoppes ont été détruites par le sinistre au cours de la nuit de vendredi à samedi. Le feu faisait toujours rage par endroits samedi matin, a-t-il ajouté. Un militant, basé dans la ville, a estimé que la majorité des quelque centaines d'échoppes du quartier avaient été détruites.

"C'est un désastre. Le feu menace de se propager aux échoppes qui restent", a affirmé Ahmed al-Halabi. Il a ajouté que les autorités syriennes avaient coupé l'alimentation en eau, ce qui compliquait la lutte contre l'incendie. Des rebelles et des civils travaillaient ensemble pour tenter de maîtriser le feu avec un nombre limité d'extincteurs. "C'est une situation très difficile et tragique là-bas", a-t-il déclaré.

Naguère bastion du régime du président Bachar el-Assad, la ville de trois millions d'habitants, capitale commerciale du pays, est un des principaux enjeux du conflit syrien. Sa chute constituerait une victoire stratégique majeure pour l'insurrection, avec des positions dans le nord vers la frontière turque.

Depuis une première offensive de l'insurrection en juillet, aucun des belligérants n'est parvenu à prendre l'avantage, en dépit d'affrontements sporadiques.

Des militants de l'opposition ont fait état vendredi des affrontements les plus violents depuis deux mois. Des combattants de l'Armée syrienne libre (ASL), principale composante de l'insurrection, ont lancé jeudi ce qu'ils qualifient de "bataille décisive" pour déloger les forces syriennes d'Alep, d'après ces militants.

Selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel-Rahman, on ignorait comment l'incendie s'était déclaré dans les marchés couverts d'Alep, mais il a affirmé qu'au moins 200 échoppes avaient été détruites.

Les affrontements se poursuivaient samedi dans de nombreux quartiers de la ville, et selon des activistes, au moins trois personnes ont été tuées, dont deux rebelles.

Selon l'agence de presse officielle SANA, des soldats poursuivaient des opérations militaires contre des groupes armés à Alep et dans ses faubourgs, infligeant des pertes importantes aux "terroristes", le terme utilisé par les autorités pour faire référence aux rebelles.

Par ailleurs, à Qoudsaya, une banlieue de Damas, les corps d'au moins huit hommes, qui semblent avoir été exécutés sommairement, ont été retrouvés, ont affirmé des activistes.

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