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29/09/2012 10:28 EDT | Actualisé 29/11/2012 05:12 EST

Les Libyens rendent les armes par centaines

Des centaines de Libyens se sont rassemblés samedi sur une place centrale de Benghazi, ainsi qu'à Tripoli, en réponse à un appel de l'armée pour déposer et remettre leurs armes, certains se déplaçant dans des transports de troupes blindés, des chars d'assaut, des véhicules équipés d'armes antiaériennes et des centaines de lance-missiles.

L'appel des responsables libyens a été diffusé sur les ondes d'une station de télévision privée en août. La demande pourrait cependant avoir trouvé un point d'ancrage dans la foulée de l'attaque contre le consulat américain de Benghazi, lors de laquelle l'ambassadeur américain et trois employés ont été tués. L'incident a été suivi d'une forte grogne populaire contre les milices armées qui remettent de plus en plus en question l'autorité gouvernementale.

En réponse, le gouvernement a demandé à toutes les milices de se dissoudre ou de rejoindre un commandement reliant l'armée et les milices. Le gouvernement a utilisé les services de plusieurs milices lors des troubles suivant la chute et l'assassinat, l'an dernier, du dictateur de longue date Mouammar Kadhafi.

Selon le colonel Omran al-Warfali, la réponse a été impressionnante.

Des centaines de personnes se seraient ainsi présentées dès les petites heures du matin pour remettre leurs armes ou des munitions trouvées un peu partout.

Précédemment, le gouvernement estimait à 200 000 le nombre de personnes armées en Libye. Des tentatives précédentes consistant à offrir des emplois en échange des armes ou à carrément les acheter n'ont pas donné de résultats très importants.

Ahmed Salem, un organisateur des efforts de collecte à Benghazi, a déclaré que plus de 800 citoyens avaient remis des armes au principal point de chute. Plus de 600 types d'armes ont ainsi été récupérées, y compris des fusils antiaériens, des mines terrestres, des lance-missiles et des fusées d'artillerie.

La majorité des milices libyennes sont apparues pendant les huit mois de guerre contre Kadhafi, mais d'autres ont été créées après la fin des combats, en octobre dernier. Alors que le pays tente de se reconstruire après 42 ans de dictature, ces groupes n'ont accordé que peu d'attention aux leaders intérimaires qui se sont succédé.

Les miliciens ont été accusés de harcèlement envers les citoyens, d'exploiter des prisons indépendantes et d'organiser des procès sommaires pour des loyalistes de Kadhafi. Récemment, des milices islamistes ont également attaqué des tombes associées à des personnalités religieuses qui, selon eux, ne respectent pas leur stricte interprétation de l'islam.


Associated Press

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