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29/09/2012 12:18 EDT | Actualisé 29/11/2012 05:12 EST

Décès de Arthur Sulzberger, ancien patron légendaire du New York Times

AP
FILE - This July 20, 1977 file photo shows New York Times publisher Arthur Ochs Sulzberger in his office in New York. Sulzberger has died at age 86. The newspaper reports that his family says Sulzberger died Saturday, Sept. 29, 2012, at his home in Southampton, N.Y., after a long illness. He had retired in 1992 after three decades at the paper's helm and was succeeded by his son, Arthur Jr. (AP Photo/Ray Howard, File)

L'ancien directeur et PDG du New York Times Arthur Sulzberger, instigateur de profonds changements dans l'un des plus prestigieux quotidiens américains et farouche gardien de son indépendance, est mort samedi à l'âge de 86 ans.

Le Times a annoncé que Arthur Sulzberger était décédé à son domicile de Southampton, dans l'Etat de New York (nord-est), après une longue maladie.

Arthur Ochs Sulzberger a présidé, du linotype à l'aube de l'ère numérique, aux destinées du quotidien pendant 34 ans comme directeur de la publication et président du conseil d'administration.

Il avait pris le poste de rédacteur en chef du journal en 1963 au moment où le quotidien, influent et respecté, était néanmoins en condition financière précaire.

Il avait quitté progressivement les rênes du journal dans les années 1990, en abandonnant le poste de rédacteur en chef et de directeur de la publication à son fils Arthur Ochs Sulzberger Jr en 1992 puis celui de président du conseil d'administration du groupe en 1997.

Le journal avait annoncé le 14 août dernier la nomination de l'ancien patron de la BBC Mark Thompson, comme président directeur-général.

Le président Barack Obama et son épouse Michelle ont rendu hommage dans un communiqué au patron de presse "qui croyait passionnément en l'importance d'une presse libre et indépendante, qui n'avait pas peur de rechercher la vérité, d'interpeller les gens au pouvoir et dire ce qui devait être dit".

Sous le mandat d'Arthur Sulzberger, le journal est devenu national, distribué de la Californie à la côte est, et se trouve au coeur d'un empire diversifié incluant journaux, magazines, chaînes de télévision et radios ainsi que des sites internet.

Pour Arthur Sulzberger, indique le Times samedi dans un long article sur son ancien patron, une entreprise de presse devait pouvoir gagner de l'argent pour garder une "voix forte et indépendante".

Cette indépendance s'était particulièrement illustrée en 1971 quand il avait décidé de publier des documents secret défense sur la guerre du Vietnam connus sous le nom des "Pentagon Papers", du nom du ministère américain de la Défense.

L'administration Nixon avait demandé l'arrêt de la publication. Le Times avait refusé et gagné en justice devant la Cour Suprême, une décision qui a marqué l'histoire de la liberté de la presse dans le pays.

Au milieu des années 1970, il avait divisé le journal en sections, avec des cahiers Sports, Maison, Week-End, etc, une initiative méprisée par certains qui estimaient qu'elle mettait en doute la crédibilité d'un journal sérieux. Le succès avait été immédiat et la nouveauté largement copiée.

Le quotidien new-yorkais, acheté par Adolph S. Ochs en 1896 -- le grand-père de Arthur Sulzberger -- est toujours dirigé par la quatrième génération de la famille, une rareté dans le monde de la presse. Le Times à ce propos cite une phrase de son ancien patron qui disait avec humour: "Ma conclusion est simple. Le népotisme marche".

dw-ff/are

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