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28/09/2012 11:55 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

Tunisie: les journalistes du groupe Essabah manifestent pour leur liberté

Les journalistes du groupe de presse tunisien Dar Essabah ont de nouveau manifesté vendredi pour réclamer leur indépendance et le limogeage de leur directeur nommé par le gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda.

"Honte au gouvernement, un policier à la tête de Dar Essabah!", "Non à la censure policière", "Liberté pour la presse tunisienne", proclamaient les affiches brandies par les journalistes rassemblés devant le palais du gouvernement, place de la Kasbah.

"Nous sommes déterminés à défendre nos revendications et à exiger le départ de Lotfi Touati", a déclaré à l'AFP Essia Atrous, journaliste arabophone, en référence au directeur désigné.

Les manifestants ont reçu la visite d'un émissaire du gouvernement, mais le dialogue n'ayant pas abouti, douze membres de la rédaction ont annoncé leur décision d'observer une grève de la faim à partir de lundi, a ajouté la journaliste.

Les rédactions du groupe, qui publie les quotidiens Assabah (en arabe) et Le Temps (en français) ainsi qu'un hebdomadaire, luttent depuis août contre l'arrivée de Lotfi Touati.

Selon le syndicat national des journalistes (Snjt), M. Touati a occupé des fonctions dans la police avec de devenir journaliste et avait participé à l'installation d'un syndicat fantoche à l'instigation du régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.

Les journalistes de Dar Assabah exigent en outre le règlement de sommes impayées depuis neuf ans (850.OOO euros de primes, heures supplémentaires, etc.) et se posent en acquéreurs "prioritaires" en cas de vente des titres.

Dar Assabah, qui emploie 200 personnes, était détenu à 80% par Sakher El-Materi, gendre de Ben Ali, avant de passer sous le contrôle de l'Etat après la chute du régime.

Le syndicat national des journalistes (Snjt), qui appuie les revendications des journalistes de Dar Essabah, a déposé un préavis de grève générale pour le 17 octobre et accuse de le gouvernement de vouloir contrôler la presse dans le perspective des prochaines élections.

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