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Combats sans précédent à Alep entre insurgés et armée syrienne

28/09/2012 04:33 EDT | Actualisé 27/11/2012 05:12 EST
AFP

Les rebelles syriens ont affirmé avoir progressé à Alep (nord) vendredi, sans toutefois effectuer de percée significative, après plusieurs heures de combats d'une ampleur sans précédent depuis le début de la révolte en mars 2011.

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a indiqué que le gouvernement syrien avait déplacé des armes chimiques pour les sécuriser face aux assauts des rebelles. "Nous pensons encore, sur la base de ce que savons, que les principaux sites restent sécurisés", a ajouté M. Panetta.

Sur le front de Damas, les troupes gouvernementales ont lancé un assaut contre plusieurs quartiers rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et des militants.

Malgré les bombardements de l'armée, des Syriens ont manifesté comme chaque vendredi contre le régime de Bachar al-Assad à travers le pays.

Ainsi près de la vieille ville d'Alep, une vingtaine de personnes, en grande majorité des adolescents, ont manifesté après la grande prière musulmane, brandissaient des drapeaux de la révolution, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les combats dans la ville ont fait rage jusqu'à vendredi matin, avant de baisser en intensité en début d'après-midi. Ils avaient éclaté jeudi après-midi, après l'annonce par des commandants rebelles du lancement d'une bataille décisive pour le contrôle de cette métropole que régime et rébellion se disputent depuis plus de deux mois.

Dans le quartier de Salaheddine (sud-ouest), "nous avons pris une des bases de l'armée régulière", a rapporté Abou Fourat, un dirigeant de la brigade al-Tawhid, la plus importante unité rebelle d'Alep, faisant état de 25 soldats tués dans cette attaque.

"Nous entendions les soldats sur leur radio appeler leurs chefs pour demander des renforts, ils pleuraient et ils disaient +nous allons tous mourir+", a rapporté un de ses hommes, qui a participé aux combats.

Selon plusieurs commandants rebelles, leurs troupes ont avancé sur les quartiers d'as-Soukkari et Izaa. A Salaheddine, les rebelles ont progressé avant de se replier, faute de munitions, selon Abou Fourat.

Le nouvel objectif des rebelles est la mosquée des Omeyyades d'Alep, sur la ligne de front au coeur de la vieille ville, où des combats se poursuivaient à la mi-journée, a constaté un journaliste de l'AFP.

Cependant, "le régime n'est pas capable de vaincre, ni les rebelles de contrôler la totalité des quartiers", a estimé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, évoquant des combats "sans précédent".

Il a fait état de tirs au mortier d'une intensité inédite de la part des rebelles à Sleimaniyé et Sayyed Ali, des quartiers du centre-ville contrôlés par le régime et jusqu'à présent épargnés par les violences.

"Tout le monde était terrorisé. Je n'ai jamais entendu quelque chose comme ça avant", a affirmé Ziad, 30 ans, un habitant de Sleimaniyé.

Le correspondant de l'AFP a fait état de bombardements incessants jusque vendredi matin visant les quartiers tenus par les rebelles, notamment dans l'est.

A Damas, "les forces régulières ont lancé un assaut contre les quartiers est de Barzé, Qaboun et Jobar (...). Elles ont coupé les routes menant à ces quartiers, arrêté des citoyens lors de perquisitions et détruit des maisons", a ajouté l'OSDH.

Le régime a soutenu à plusieurs reprises avoir "purifié" Damas des "terroristes", terme utilisé par Damas pour évoquer les rebelles, mais les violences n'ont pas cessé depuis le début des affrontements dans la capitale mi-juillet.

A travers le pays, au moins 65 personnes -- 35 civils, 17 soldats et 13 rebelles-- ont péri vendredi, selon un bilan provisoire de l'OSDH.

Nouveau signe que le conflit syrien touche toute la région, un obus tiré du côté syrien de la frontière a fait un blessé et des dégâts dans une localité du sud-est de la Turquie, régulièrement touchée par des tirs perdus.

En marge de l'Assemblée générale de l'ONU, des opposants exfiltrés de Syrie vont réclamer d'avantage d'aide de la communauté internationale vendredi à New York, où les Etats-Unis pilotent une réunion du groupe des "Amis du peuple syrien" avec une vingtaine de pays.

A Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a donné vendredi son feu vert à la prolongation et à l'extension du mandat de sa commission d'enquête sur la Syrie.

Cette instance travaille dans les pays voisins de la Syrie --Damas lui refusant un accès sur son territoire-- pour rassembler témoignages et preuves sur des crimes contre l'humanité commis par les forces gouvernementales et les milices pro-régime.

Plus de 30.000 personnes, dont une majorité de civils, ont péri dans les violences depuis le début mi-mars 2011 du soulèvement, selon l'OSDH.

Parmi les victimes, un écrivain syrien, Ibrahim al-Kharit, et son fils Sumar, tués jeudi soir lors d'une opération des forces de sécurité dans la ville de Deir Ezzor (est), a indiqué l'OSDH.

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