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28/09/2012 09:53 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

LNH - En attendant la fin du lock-out, les Québécois lancent leur ligue

Mis en chômage technique par la Ligue nord-américaine de hockey sur glace (LNH) et donc interdits des installations de leurs clubs, certains hockeyeurs ont trouvé une parade pour s'entraîner et rester proches de leurs supporters: une série de matches amicaux à travers le Québec.

Le luxe des patinoires géantes de la LNH est loin. Ni carrés VIP, ni écrans géants: la Centre multisports de Châteauguay est on ne peut plus rustique. Mais qu'importe: les 1.200 spectateurs crient avec la même ferveur qu'au centre Bell de Montréal, si ce n'est plus.

"C'est irréel!", s'enthousiasme Jonathan Aubin, 15 ans.

Car en ce jeudi soir, la glace sur laquelle il évolue d'ordinaire avec les "Grenadiers" de cette ville de 45.000 habitants proche de Montréal accueille un match inhabituel, opposant certains des meilleurs éléments de la LNH. La plupart viennent du Canadien de Montréal, mais plusieurs autres, Québécois, jouent également dans des équipes américaines, telle que les Flyers de Philadelphie.

"Je suis tellement content, ce n'est pas la même chose qu'au centre Bell. Ici, on les voit vraiment, ils sont vraiment là", s'extasie l'adolescent, aux anges.

"On aurait pu juste s'enfermer dans une patinoire pour jouer si on voulait simplement rester en forme", note Maxime Talbot.

Au contraire, ce joueur de Philadelphie, vainqueur de la mythique coupe Stanley en 2009, a voulu organiser "La Tournée des joueurs". Tous les jeudis ou vendredis, tant et aussi longtemps que le conflit social durera, un match sera organisé dans une ville de la province francophone canadienne, les profits étant versés à des organisations caritatives.

"On veut rester en forme, mais on veut aussi remercier les fans pour leur appui, et lever des fonds pour des fondations", dit le sportif.

A l'origine de cette initiative: le lock-out décrété le 16 septembre par les propriétaires des 30 équipes de la LNH.

Face au refus des joueurs de signer la nouvelle convention collective qui leur était proposée, les clubs ont imposé le chômage technique, quitte à menacer la tenue de la saison, prévue pour débuter le 11 octobre.

Et jeudi, la Ligue a annulé tous les matches préparatoires "pré-saison", ce qui n'augure rien de bon selon plusieurs supporters.

"On se dirige vers une saison entièrement annulée, comme en 2004", croit l'un d'eux, Frank Nadeau, en faisant référence au dernier lock-out dans la LNH. La saison entière avait alors été perdue faute d'accord sur une nouvelle convention collective.

Scepticisme

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Cette année, c'est le nouveau partage des recettes générées par la Ligue qui fait problème. 57% des revenus de la LNH sont allés aux hockeyeurs l'année dernière. Les dirigeants des franchises veulent ramener ce taux à 43% sur six ans.

Dans le public, ce conflit est reçu avec scepticisme: même les plus grands fans émettent des réserves à l'égard des demandes des joueurs.

"Ils gagnent des millions par année. Quand on voit combien Maurice Richard gagnait...", remarque Jordan Quentin, 21 ans, à propos d'une légende québécoise qui a régné sur les patinoires dans les années 1950. "Peut-être qu'ils en demandent trop ?"

Maillot des Nordiques --l'ancienne équipe de Québec-- sur le dos, Alex Lamarche est radical: "Y'a personne à plaindre!". Son ami Franck Martineau renchérit: "On est rendu au point où le joueur le moins payé de la Ligue gagne quand même 500.000 dollars par année..."

Reste que pour ces deux fans, qui ont attendu pendant quatre heures pour être certains d'assister au match, l'essentiel est ailleurs: "Le plus grave c'est qu'il risque de ne plus y avoir de hockey".

sab/via/pid

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