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28/09/2012 06:04 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

L'homme derrière le film islamophobe utilise plusieurs identités

LOS ANGELES, États-Unis - Le mystère entourant l'homme d'origine égyptienne derrière le film islamophobe «Innocence of Muslims», qui a provoqué de violentes manifestations dans certains pays musulmans, s'est épaissi lors de son apparition en cour jeudi, où il s'est présenté sous une autre identité.

Nakoula Basseley Nakoula a été arrêté jeudi à Los Angeles après avoir violé les termes de sa probation, selon les autorités. Il avait été condamné pour fraude bancaire en 2010.

Il a déclaré à la juge que son véritable nom était Mark Basseley Youssef, en affirmant qu'il utilisait ce nom depuis 2002, même s'il a été condamné sous le nom de Nakoula Basseley Nakoula en 2010.

Les documents déposés devant la cour supérieure du comté d'Orange montrent qu'il a légalement changé de nom en 2002 pour adopter celui de Mark Basseley Youssef. Il avait justifié sa demande en affirmant que Nakoula était «un nom de fille» et que cela lui causait des problèmes.

Un responsable du bureau du procureur fédéral, Robert Dugdale, a indiqué vendredi que la justice désignerait désormais M. Nakoula sous son nom officiel, soit Mark Basseley Youssef.

L'histoire de cet homme et d'«Innocence of Muslims» est toujours un mystère, plus de deux semaines après le début des manifestations contre le film, considéré comme insultant envers l'islam et son prophète, Mahomet.

La juge Suzanne Segal a ordonné que M. Youssef soit maintenu en détention sans possibilité de libération conditionnelle jusqu'à ce qu'un autre juge détermine s'il a violé les termes de sa probation. La juge a évoqué son long historique de supercherie et la crainte qu'il disparaisse à l'étranger pour justifier son maintien en détention.

«La cour ne fait pas confiance au défendeur en ce moment», a dit la juge Segal.

Selon les procureurs, M. Youssef a commis huit violations à sa probation, notamment celle d'avoir menti à son agent de probation et d'avoir utilisé de faux noms. Il pourrait faire face à une nouvelle accusation passible d'une peine maximale de deux ans de prison.

Après avoir été reconnu coupable en 2010, Mark Basseley Youssef a été condamné à 21 ans de prison et s'est fait interdire d'utiliser un ordinateur et Internet pendant cinq ans sans l'accord de son agent de probation. Mais selon les procureurs, aucune des huit violations ne concerne l'utilisation d'Internet. La justice lui avait aussi imposé de ne pas utiliser d'autres noms que son nom officiel.

Trois noms ont jusqu'à présent été associés à cet homme.

Le film «Innocence of Muslims» a été tourné l'an dernier par un homme affirmant s'appeler Sam Bacile. Après le début des manifestations contre le film, un homme affirmant être Sam Bacile a appelé plusieurs médias, dont l'Associated Press, en affirmant qu'il était bien l'auteur du film et que son oeuvre visait à présenter la vérité au sujet du prophète Mahomet et de l'islam, qu'il a qualifié de «cancer».

Le lendemain, l'Associated Press a déterminé que Sam Bacile n'existait pas et a lié cette identité à Nakoula Basseley Nakoula, un ancien propriétaire de station-service déjà condamné pour une affaire de drogue. Les autorités fédérales américaines ont ensuite confirmé que Sam Bacile n'existait pas et que M. Nakoula était derrière le film.

Le bris de probation concerne notamment de fausses déclarations que M. Youssef aurait faites au sujet du film, selon M. Dugdale. Il aurait déclaré à son agent de probation que son rôle avait seulement été d'écrire le scénario et aurait nié avoir utilisé le nom de Sam Bacille en lien avec le film, d'après M. Dugdale.

Mark Basseley Youssef, un chrétien copte originaire d'Égypte, se cache depuis qu'il a été désigné comme l'homme derrière le film controversé. Avant d'entrer dans la clandestinité, il avait déclaré à l'Associated Press qu'il était impliqué dans le film, mais que son rôle s'était limité à la logistique et à la gestion.

Les médias n'ont pas pu assister directement à l'audience de jeudi. Ils ont été envoyés dans un autre tribunal à proximité, où l'audience était retransmise sur un écran de télévision. Les photos étaient interdites.

Mark Basseley Youssef semblait détendu et a même souri à un certain moment. Son avocat, Steven Seiden, a demandé qu'il soit libéré en échange d'une caution de 10 000 $ US, en faisant valoir que son client s'était régulièrement présenté à son agent de probation et qu'il n'avait pas tenté de quitter la Californie.

Me Seiden a exprimé des inquiétudes sur la sécurité de son client dans une prison fédérale à cause de la présence de détenus musulmans, mais les procureurs ont indiqué qu'il serait probablement placé en isolement pour sa propre sécurité.

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