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28/09/2012 07:10 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

Le diagramme de bombe du premier ministre israélien vole la vedette à l'ONU

JÉRUSALEM - Quand le premier ministre israélien a présenté une illustration de bombe lors de son discours à l'ONU jeudi, il a provoqué une avalanche de blagues et de moqueries, mais il a aussi reçu beaucoup d'attention.

La «bombe de Bibi», comme elle a été désignée en référence au surnom de Benyamin Nétanyahou, est le dernier accessoire en date utilisé par le premier ministre israélien pour tenter d'attirer l'attention de la communauté internationale sur la menace posée par le programme nucléaire de l'Iran.

L'image de M. Nétanyahou et de son diagramme simplifié de bombe avec une mèche allumée a fait les manchettes à travers le monde. En Europe, les titres faisaient référence à la «bombe en bandes dessinées» de M. Nétanyahou.

«Quelle quantité d'uranium enrichi faut-il pour fabriquer une bombe? Et à quel point l'Iran est-il prêt de l'avoir?, a demandé le premier ministre israélien lors de son discours devant l'Assemblée générale de l'ONU. Eh bien, laissez-moi vous le montrer. J'ai apporté un diagramme.»

Il a ensuite utilisé un marqueur pour dessiner une ligne rouge sur ce qu'il a désigné comme le seul à ne pas franchir pour l'Iran en termes d'enrichissement d'uranium.

Benyamin Nétanyahou utilise fréquemment des illustrations pour appuyer ses propos. Lors d'un discours à l'ONU en 2009, il avait présenté les plans de construction du camp nazi d'Auschwitz. Durant un discours devant un lobby pro-israélien des États-Unis en mars, il avait apporté des lettres échangées par le Congrès juif mondial et le gouvernement américain pendant la Shoah. Il s'était servi de ces documents pour établir un lien entre les nazis et la potentielle menace nucléaire posée par l'Iran.

Il utilise aussi des appuis visuels sur des questions de politique intérieure. Lors d'une conférence de presse à Jérusalem plus tôt cette année, M. Nétanyahou avait dessiné un arbre symbolisant l'État d'Israël. Tout en expliquant sa vision économique, il avait ajouté des racines, des fruits et des feuilles à l'arbre, censés représenter les différentes composantes de la société israélienne. Les journalistes dans la salle avaient ri sous cape, mais l'image s'était ensuite retrouvée dans tous les médias.

«C'est un exemple parfait et extrême de la façon dont les politiciens et les leaders s'adaptent aux différents modes de communication pour obtenir le plus de publicité possible», explique Gadi Wolfsfeld, professeur de communication politique au centre Herzliya, un collège près de Tel Aviv.

Les journaux européens s'en sont donné à coeur joie en ridiculisant le diagramme. «Nétanyahou explique la menace nucléaire avec une bande dessinée», a titré le journal espagnol «El Mundo». Aux États-Unis, l'animateur du «Daily Show», Jon Stewart, s'est moqué du dessin simpliste présenté par le premier ministre israélien.

Le mot-clic «Bibibomb» a fait son apparition sur Twitter, et des parodies ont été publiées sur Internet. L'une d'entre elles avait remplacé le dessin de la bombe par des photos du président américain Barack Obama et de la mannequin israélienne Bar Refaeli.

Mais ces moqueries ont été bien reçues par les partisans du premier ministre israélien.

Les blagues «font peut-être partie du succès, parce que c'était un discours inoubliable qui lui a permis de livrer son message», a déclaré le sous-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon, lors d'une entrevue avec la chaîne israélienne Channel 2 TV. «Aujourd'hui, tout le monde en parle.»

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