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Des milliardaires du Golfe à la conquête du football européen

28/09/2012 05:22 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

Un groupe d'investisseurs du Golfe est en passe de racheter le club anglais de Leeds United, confirmant l'ambition de milliardaires arabes de conforter leur présence dans le football européen.

Gulf Finance House a annoncé dans un communiqué jeudi que sa filiale GFH Capital Limited avait signé un accord exclusif pour arranger l'acquisition de Leeds, qui évolue en deuxième division depuis 2004, sans donner de détail sur les conditions commerciales de la transaction.

Une source sportive bahreïnie, proche du dossier, a cependant indiqué à l'AFP que la transaction serait de l'ordre 50 millions de livres sterling (quelque 75 millions USD).

"Mais un problème est en suspens: le stade de Leeds, Elland Road, et les terrains d'entraînement du club, sont hypothéqués, et il revient aux propriétaires actuels du club de régler cette question", a-t-on ajouté de même source.

Déjà en 2003, un collectif d'investisseurs arabes du Golfe avait envisagé le rachat de Leeds mais l'opération n'avait pas eu de suite.

Les révélations de Gulf Finance House surviennent moins de trois mois après l'annonce le 10 août par l'homme d'affaires koweïtien Fawaz al-Hassawi et ses frères du rachat de Nottingham Forest, un autre club de la 2e division du championnat anglais. La transaction serait de 75 millions de livres sterling.

L'engouement arabe pour les clubs européens est motivé par le souci des investisseurs de faire "des placements sûrs (...) grâce notamment aux droits TV, la vente des billets et la publicité", a déclaré à l'AFP cheikh Abderrahman Ben Moubarak Al-Khalifa, responsable d'un club bahreïni, qui avait été associé en 2003 à l'offre arabe d'acquisition de Leeds.

Ainsi, la prise de contrôle en juin 2011 du Paris SG par le Qatar, via sa société Qatar Sports Investments (QSI), a marqué un choc par la tendance dépensière des nouveaux propriétaires.

Le président qatari du PSG, Nasser El Khelaifi, a ainsi dépensé 250 millions d'euros pour le recrutement de stars du football mondial, comme Zlatan Ibrahimovic.

Il a également fait part de son rêve de doter le PSG "d'un nouveau stade d'une capacité de 60.000 places", alors qu'une banque du Qatar est en discussions avec le club parisien pour un énorme contrat de sponsoring, portant sur environ 100 millions d'euros par an.

Le Qatar a emboîté le pas aux Emirats arabes unis, un riche pays pétrolier du Golfe qui a choisi eux aussi d'investir dans le football anglais.

Manchester City, racheté en 2008 par cheikh Mansour Ben Zayed Al-Nahyane, membre de la famille régnante d'Abou Dhabi, a remporté la saison dernière son premier titre de champion d'Angleterre en 44 ans.

Cheikh Mansour a ainsi gagné son pari: "L'acquisition du club est un investissement stratégique. Nous cherchons à le confirmer parmi les quatre premiers grands du championnat anglais et à remporter des tires européens", avait-il promis au moment de son arrivée à la tête de Manchester City.

En Espagne, le club Malaga de première division est depuis deux ans la propriété d'une grosse fortune du Qatar, cheikh Abdallah Ben Nasser Al-Thani, alors qu'un homme d'affaires jordanien est un des principaux actionnaires à Munich 1860, un club de deuxième division du championnat allemand.

Le sponsoring de club européens est en outre un vecteur de préférence des compagnies du Golfe.

Le logo de la Qatar Foundation est imprimé sur les maillots du FC Barcelone en vertu d'un accord de cinq ans conclu en 2011.

Pour sa part, la compagnie aérienne Emirates de Dubaï sponsorise le club anglais Arsenal, dont le stade est baptisé "Emirates Stadium" et le maillot est barré de la mention "Fly Emirates", alors que Manchester City est parrainé par Etihad, une autre compagnie aérienne des Emirats arabes unis.

mich/tm/bvo

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