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Combats "sans précédent" dans la ville d'Alep en Syrie (habitants, ONG)

28/09/2012 03:10 EDT | Actualisé 27/11/2012 05:12 EST

Des combats d'une ampleur "sans précédent" et "sur plusieurs fronts" secouaient vendredi Alep, deuxième ville de Syrie où les rebelles avaient annoncé la veille une bataille "décisive", rapportent des habitants et une ONG.

Une source militaire a confirmé que des combats violents ont éclaté à l'aube dans les quartiers d'Arkoub et Mayssaloun (est), pendant plusieurs heures. Jeudi soir, selon cette source, les rebelles avaient tenté "à plusieurs reprises" et "à partir de plus fronts" de pénétrer sur la place Saadallah al-Jabiri, dans le centre, sans y parvenir.

Une fumée blanche, causée par les bombardements et les affrontements, recouvrait vendredi cette métropole du nord du pays, a constaté le correspondant de l'AFP.

"Les combats sont sans précédent et ne se sont pas arrêtés depuis jeudi. Avant, les affrontements se déroulaient dans une ou deux rues d'un secteur, maintenant c'est sur plusieurs fronts", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans des quartiers du centre-ville contrôlés par le régime et jusqu'à présent épargnés par les violences, comme Souleimaniyé et Sayyed Ali, les habitants ont également rapporté à l'AFP des tirs "sans précédent".

"Les affrontements et les tirs ne se sont pas arrêtés, tout le monde était terrorisé. Je n'ai jamais entendu quelque chose comme ça avant", a affirmé Ziad, 30 ans, qui réside et travaille à Souleimaniyé.

Selon l'OSDH et des habitants, ces quartiers ont été la cible de tirs au mortier d'une intensité inédite de la part des rebelles.

"C'est la première fois que je vois ça à Sayyed Ali. D'habitude, on entend deux ou trois tirs, mais cette nuit, c'était sans précédent", indique un résident sous couvert de l'anonymat.

Il a indiqué qu'un tir de mortier a tué "quatre personnes d'une même famille à Sayyed Ali: un homme de 70 ans, un couple et leur enfant". Les résidents ont essayé de les transporter à l'hôpital mais ils étaient déjà morts, selon lui.

"C'était une scène horrible dans la rue. Les gens couraient vers le lieu qui a été bombardé et tentaient d'aider les blessés. Il y avait des enfants et des familles", a affirmé l'habitant.

L'OSDH rapporte de son côté que des obus ont tué jeudi cinq personnes dans ce même quartier, dont quatre enfants.

Par ailleurs, les quartiers tenus par les rebelles, notamment dans l'est, étaient bombardés de manière incessante depuis jeudi par l'armée régulière, a constaté le correspondant de l'AFP.

Les bombardements sont suivis de tirs d'armes automatiques presque sans interruption dans ces zones, a constaté en matinée le journaliste.

Un civil a été tué vendredi dans le bombardement de Marjé (sud-est), selon l'OSDH.

Depuis une importante percée effectuée fin juillet, peu après le début des combats dans la capitale économique du pays, les rebelles n'avaient plus mené d'offensive d'envergure à Alep, notamment en raison du manque d'équipement face à la puissance de feu des forces gouvernementales.

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