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A l'ONU, l'opposition syrienne va réclamer davantage d'aide

28/09/2012 11:20 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

Des opposants au régime du président syrien Bachar al-Assad vont réclamer d'avantage d'aide de la communauté internationale vendredi à New York à l'occasion de la quatrième journée de l'Assemblée générale de l'ONU.

Les Etats-Unis pilotent en marge de l'Assemblée une réunion du groupe des "Amis du peuple syrien" avec une vingtaine de pays. Des opposants, qui ont été exfiltrés de Syrie, doivent y participer mais à l'abri des caméras pour des raisons de sécurité.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton doit y annoncer une aide supplémentaire pour la rébellion syrienne afin qu'elle puisse "se protéger et se défendre", ont indiqué des diplomates américains, tout en continuant d'exclure la fourniture d'armes.

Refusant toute aide militaire directe et toute intervention armée en Syrie, les Etats-Unis s'en tiennent à une "aide non létale" (équipements de communications, formation ...), qui atteint pour l'instant quelque 25 millions de dollars, en faveur de l'opposition syrienne sur le terrain.

Washington a également porté début septembre à 103 millions de dollars son assistance humanitaire en Syrie et aux pays frontaliers qui accueillent des réfugiés.

Le secrétaire américain à la défense Leon Panetta a annoncé vendredi que la Syrie avait déplacé une partie de son arsenal chimique mais que c'était afin de mieux le "sécuriser". Les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux dont la France ont prévenu que l'utilisation par Damas de ses armes chimiques ou leur transfert à des groupes terroristes constituaient une "ligne rouge" pouvant déclencher une intervention.

Saluant le "courage" des opposants, un responsable du département d'Etat a expliqué que la réunion des "Amis du peuple syrien" devait permettre "d'avoir de première source un état des besoins" de la rébellion.

Le conflit en Syrie a fait en dix-huit mois quelque 30.000 morts selon une ONG, au moins 1,2 million de déplacés dans le pays et 300.000 dans les pays frontaliers.

Mais aucune issue n'est en vue en raison des divisions internationales entre partisans d'un départ du président Bachar al-Assad, Etats-Unis en tête, et défenseurs de son régime, dont la Russie, la Chine et l'Iran.

"Rien ne se passe aussi vite que nous le souhaiterions pour que le régime s'en aille, que (le président) Bachar al-Assad et sa clique partent afin de permettre une transition politique", a encore dit le diplomate américain.

Washington assure toutefois que le "régime (syrien) se fissure et perd du terrain militairement".

Mais l'opposition syrienne est divisée et la communauté internationale l'exhorte depuis des mois à s'unifier.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a rencontré jeudi à l'ONU le dirigeant de la principale coalition des opposants syriens, le Conseil national syrien (CNS), Abdel Basset Sayda.

"Compte tenu de l'escalade de la violence et de l'augmentation dramatique du nombre de victimes, l'opposition doit monter une plate-forme unitaire, pas seulement contre Assad, mais aussi pour un avenir pluraliste et démocratique pour la Syrie", a plaidé le chef de la diplomatie allemande.

Réunis jeudi au siège des Nations unies, les secrétaires généraux de l'ONU et de la Ligue arabe, Ban Ki-moon et Nabil al-Arabi, et l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, avaient souligné "la nécessité vitale pour la communauté internationale de s'unir pour soutenir le travail" de l'émissaire international.

A Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a donné vendredi son feu vert à la prolongation et à l'extension du mandat de ses enquêteurs, condamnant par ailleurs "la multiplication des massacres" en Syrie. L'ancienne procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) Carla del Ponte pourrait intégrer cette commission d'enquête.

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