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Une "soeur aînée" contestée de La Joconde dévoilée à Genève

27/09/2012 08:45 EDT | Actualisé 27/11/2012 05:12 EST

GENEVA - GENEVE (Sipa) — Une fondation installée à Zurich, en Suisse, devait dévoiler au monde jeudi ce qu'elle présente comme une première version de La Joconde. L'authenticité de cette pré-Mona Lisa est fortement mise en doute par au moins un expert de l'oeuvre de Léonard De Vinci.

La Fondation Mona Lisa, propriétaire de la "Mona Lisa Isleworth", affirme que 35 années de recherche ont permis à des spécialistes de déterminer que le génie de la Renaissance a réalisé cette oeuvre onze ou douze ans avant La Joconde. Le musée du Louvre s'est refusé à tout commentaire.

Le tableau Isleworth, qui représente une jeune femme au sourire énigmatique, est plus grand, a été peint sur toile et ses couleurs sont plus vives que la Joconde sur bois accrochée au Louvre à Paris. La posture et les vêtements sont similaires mais pas le paysage de l'arrière-plan.

Le groupe d'experts devait présenter ses découvertes aux journalistes jeudi à Genève.

"Aucun examen scientifique n'a démontré que la peinture n'était pas de Léonard de Vinci", assure l'historien d'art Stanley Feldman, membre de la fondation et principal auteur d'un livre mis en vente jeudi par cette organisation sous le titre de "Mona Lisa: Leonardo's Earlier Version".

"En réalisant un examen mathématique très élémentaire, nous avons découvert que tous les éléments des deux portraits (...) se trouvent exactement au même endroit", a-t-il expliqué à l'agence Associated Press dans un entretien téléphonique. "Il est manifeste pour nous que pour que ce soit aussi précis, aussi méticuleusement exact, seule la personne qui a fait l'un a fait l'autre (...) C'est une extraordinaire révélation en soi et nous pensons qu'elle est correcte", a-t-il ajouté.

Selon la fondation, la "Mona Lisa Isleworth" a été trouvée chez un noble anglais à la fin du XIXe siècle avant d'être envoyée aux Etats-Unis pour la protéger pendant la Première guerre mondiale. Après le conflit, elle a été analysée en Italie et finalement transférée en Suisse, où elle est restée dans le coffre-fort d'une banque pendant 40 ans.

Dès le début du XXe siècle, la possibilité que l'oeuvre ait été peinte par De Vinci (1452-1519) a été envisagée.

Cependant, un expert du peintre, Martin Kemp, professeur à l'université d'Oxford, a estimé dans un courrier électronique à l'AP que rien ne permettait "de penser qu'il y ait eu une version antérieure du portrait de Lisa del Giocondo". L'analyse scientifique ne permet pas non plus de nier catégoriquement que la peinture soit l'oeuvre du maître mais "la réflectographie et les rayons X suggèrent très fortement que ce n'est pas l'oeuvre de Léonard de Vinci".

La "Mona Lisa d'Isleworth" trahit des détails subtiles de l'original comme le voile, la chevelure, le voile translucide de la robe, la structure des mains...", écrit encore Martin Kemp. "Le paysage ne possède aucune subtilité atmosphérique. La tête , comme toutes les autres copies, ne capture pas le caractère profondément insaisissable de l'original."

st/AP-v740

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