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Tunisie: un monument soufi fermé après sa mise à sac par des salafistes

27/09/2012 02:03 EDT | Actualisé 27/11/2012 05:12 EST

Des salafistes jihadistes ont saccagé et forcé la fermeture d'un monument soufi vénéré en Tunisie, la zaouia Kadiria, à Menzel Bouzelfa (60 km de Tunis), a annoncé jeudi un collectif formé par des membres de la confrérie.

"C'est un cri d'alarme que nous lançons aujourd'hui pour notre protection physique et pour la sauvegarde de notre patrimoine spirituel", a indiqué à l'AFP Kaies Chouikha, membre du collectif des "Amis de la zaouia Kadiria".

Dans un communiqué, ce collectif appelait au secours "tous les Tunisiens et tunisiennes, le gouvernement, la police, les associations, les partis et l'Assemblée nationale constituante", les pressant de "réagir d'une même voix" contre la fermeture du lieu fréquenté depuis 800 ans par des milliers de fidèles.

"Le 14 septembre, des dizaines de salafistes armés de sabres, de couteaux et barre de fer ont saccagé la zaouia, profané des sépultures, déchiré des étendards et cassé des tableaux de Calligraphies en nous traitant d'apostats", a-t-il raconté.

Selon lui, le gardien a été frappé et des manuscrits et des ouvrages ont été emportés par une bande composée d'une quarantaine d'assaillants.

Le cheikh responsable de la zaouia Mustapha Limame a appelé la police mais en l'absence de réaction, il a dû fermer le lieu pour "épargner la vie des visiteurs et des fidèles".

Les salafistes ont aussi tenté d'incendier la zaouia mardi, a indiqué M. Chouikha, un fonctionnaire membre actif de la confrérie.

"Nous sommes déterminés à sauver notre pratique et notre patrimoine", a-t-il dit dénonçant une "complicité" du gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda.

"Des salafistes font la police et la loi, ils nous confisquent notre liberté et nous persécutent et le gouvernement laisse faire", a poursuivi M. Chouikha.

Selon lui, des groupes salafistes ont sévi contre des zaouias et rasé des monuments religieux dans plusieurs endroits de la Tunisie "dans l'indifférence et l'impunité".

Les fidèles envisagent de manifester devant l'Assemblée constituante pour exiger "la liberté de culte et la sauvegarde du patrimoine spirituel et architectural".

Les adeptes de la Kadiria --une confrérie fondée par Abdelkader Jilani (1083-1166) à Bagdad et très présente au Maghreb, se réunissent tous les jeudi pour prier, réciter le coran et le Dhikr (chants religieux).

Bsh/alf/hj

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