POLITIQUE

Stephen Harper est honoré à New York, et s'en prend à l'ONU et à l'Iran

27/09/2012 02:39 EDT | Actualisé 27/11/2012 05:12 EST
AP
In this photo provided by the Appeal of Conscience Foundation, Canadian Prime Minister Stephen Harper, center, accepts The Appeal of Conscience Foundation’s “World Statesman Award” from Rabbi Arthur Schneier, right, the foundation’s president and founder, and Dr. Henry Kissinger, Thursday, Sept. 27, 2012 in New York. Harper was honored by the foundation as a leader who has helped advance freedom, democracy, human rights and peace globally. (AP Photo/Appeal of Conscience Foundation, Diane Bondareff)

NEW YORK, États-Unis - Le premier ministre Stephen Harper a écorché au passage l'Organisation des Nations Unies et s'en est pris à l'Iran, jeudi, alors qu'il recevait un prix d'«Homme d'État de l'année», alléguant que l'organisme international a trop souvent fait la part belle aux dictateurs, malgré leur bilan catastrophique en matière de droits de la personne.

Les Canadiens s'attendent à ce que leurs responsables gouvernementaux décident de prendre des décisions «dans le meilleur intérêt de l'humanité», a déclaré M. Harper lors d'une réception au chic hôtel Waldorf Astoria, après avoir reçu son prix de la Foundation Appeal of Conscience. Courtiser tous les dictateurs disposant d'un droit de vote aux Nations unies ou accepter tous les consensus internationaux, même si ceux-ci vont dans la mauvaise direction ne correspond pas à cette mission, a souligné Harper.

Cette déclaration sévère envers les Nations unies survient alors que le premier ministre a été critiqué en sol canadien pour ne pas avoir assisté à l'Assemblée générale des Nations unies.

Les partis d'opposition ont vertement critiqué la décision prise par Stephen Harper de ne pas profiter de la tribune de l'Assemblée générale. C'est le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, qui parlera au nom du gouvernement canadien à l'ONU.

Des centaines de leaders mondiaux étaient rassemblés à quelques pâtés de maison seulement des bureaux de la Fondation pour discuter des plus importants problèmes actuels, y compris la situation en Syrie, les tensions israélo-iraniennes et l'éruption de violences anti-américaines dans le monde arabe.

Ainsi, alors que le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et le chef de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'adressaient à l'Assemblée générale, jeudi, Stephen Harper rencontrait le président haïtien dans un hôtel de Manhattan, à quelques coins de rues du siège de l'ONU.

Stephen Harper et Michel Martelly ont échangé une poignée de main et quelques plaisanteries avant de se mettre au boulot et de discuter de la relation unissant le Canada et Haïti.

M. Harper s'est aussi entretenu, plus tard jeudi, avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, et doit s'asseoir en compagnie de M. Nétanyahou vendredi.

Le premier ministre canadien a également rencontré Henry Kissinger, ancien secrétaire d'État sous Richard Nixon et Gerald Ford, au bureau de ce dernier, situé sur Park Avenue. C'est M. Kissinger qui a plus tard remis son prix au premier ministre.

Parmi les anciens lauréats de ce prix figurent notamment l'ex-premier ministre canadien Jean Chrétien, l'ancien président français Nicolas Sarkozy et l'ex-premier ministre britannique Gordon Brown.

M. Kissinger a également soutenu la position ferme adoptée par Ottawa contre l'Iran.

Le Canada a récemment fermé son ambassade à Téhéran et la République islamique a répliqué cette semaine, émettant un avertissement mettant en garde contre les déplacements au Canada, puisque le pays serait aux prises avec une «iranophobie».

«À moins que l'Iran ne se sente isolé et privé de ses appuis, il ne réagira pas», a dit M. Kissinger.