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Nucléaire iranien: Netanyahu demande devant l'ONU une "ligne rouge claire"

27/09/2012 03:39 EDT | Actualisé 27/11/2012 05:12 EST

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a demandé jeudi devant l'ONU l'établissement d'une "ligne rouge claire" pour empêcher l'Iran de se doter d'une arme atomique, assurant à l'aide d'un schéma que Téhéran serait bientôt en mesure d'en fabriquer une.

Illustrant son propos par une pancarte représentant schématiquement une bombe, le Premier ministre israélien a milité pour empêcher l'Iran, qui en est actuellement à 70% selon lui, d'atteindre le seuil de 90% d'enrichissement de son uranium. Pour appuyer sa demande, il est allé jusqu'à tracer une ligne rouge au feutre sur le dessin.

"Au printemps prochain, au maximum l'été prochain au rythme où ils poursuivent actuellement l'enrichissement (...), ils pourront passer à l'étape finale", a assuré Benjamin Netanyahu. "Ils n'ont besoin que de quelques mois, peut-être quelques semaines, avant d'avoir suffisamment d'uranium enrichi pour la première bombe".

"Le temps presse, il est très tard", a-t-il averti: "L'avenir du monde est en jeu (...), rien ne peut mettre davantage en péril notre avenir qu'un Iran doté d'armes nucléaires", a-t-il martelé.

Comparant un Iran doté d'armes nucléaires à "Al-Qaïda armé de bombes atomiques", M. Netanyahu a assuré que Téhéran "céderait" face à une "ligne rouge claire".

L'uranium faiblement enrichi peut servir dans des centrales électriques mais il faut un enrichissement de 90% au moins pour pouvoir s'en servir pour une bombe.

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir mettre au point une bombe atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément.

M. Netanyahu réclame depuis longtemps d'imposer à la République islamique "des lignes rouges claires" à ne pas franchir dans sa progression vers l'arme atomique sous peine de frappe préventive. Mais le président américain Barack Obama, en pleine campagne présidentielle, refuse, préférant laisser agir la diplomatie et les sanctions.

Jeudi après-midi, les chefs de la diplomatie du P5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France et Allemagne) se sont concertés sur les moyens de faire plier l'Iran. "Nous avons longuement évoqué la nécessité pour l'Iran d'agir d'urgence", a déclaré ensuite Catherine Ashton, qui a rendu compte à ses homologues de ses récentes discussions avec les Iraniens. Elle a annoncé qu'elle allait "prendre contact avec l'Iran pour poursuivre ce processus".

Avant l'intervention de M. Netanyahu à la tribune, le président palestinien Mahmoud Abbas avait souhaité "que l'Assemblée générale adopte une résolution considérant l'Etat de Palestine comme un Etat non membre des Nations unies pendant cette session", qui se termine en septembre 2013.

"Nous sommes confiants que la grande majorité des pays du monde soutient notre initiative qui vise à sauver les chances d'une paix juste", a-t-il affirmé.

Il a aussi sévèrement critiqué la politique de colonisation israélienne en Cisjordanie, qualifiée de "catastrophique" et "raciste". Benjamin Netanyahu a jugé ces propos "diffamatoires".

M. Abbas a enfin invité le Conseil de sécurité de l'ONU à "adopter d'urgence une résolution (...) qui servirait de référence contraignante" pour conclure un accord de paix fondé sur une solution "des deux Etats, Israël et la Palestine".

Dans la matinée, le président birman Thein Sein avait rendu un hommage sans précédent à l'opposante Aung San Suu Kyi et à ses "efforts en faveur de la démocratie", nouveau signe du changement d'ère dans le pays engagé dans de profondes réformes.

Les présidents congolais et rwandais Joseph Kabila et Paul Kagame se sont par ailleurs retrouvés pour une réunion consacrée à la crise dans l'est de la République démocratique du Congo. Mais ils sont restés sur leur positions, s'accusant mutuellement de soutenir des rebellions dans leurs pays respectifs.

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