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Les TCA croient que les ententes protégeront les travailleurs de l'automobile

27/09/2012 03:47 EDT | Actualisé 27/11/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - Le syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) affirme que les nouvelles conventions collectives négociées avec les trois grands constructeurs automobiles américains protégeront les travailleurs en améliorant la capacité concurrentielle des installations canadiennes de fabrication.

Le président des TCA, Ken Lewenza, a indiqué jeudi que les ententes de principe conclues au cours de la dernière semaine avec Ford, General Motors et Chrysler placeraient les usines canadiennes des trois géants en meilleure position pour résister à des pressions comme la valeur élevée du dollar canadien.

Certains analystes du secteur de l'automobile avaient dit craindre que les constructeurs soient tentés de réévaluer leur engagement à long terme vis-à-vis de la construction de véhicules au Canada, à la suite de l'atteinte de l'entente cadre avec Ford.

Toutefois, Carlos Gomes, économiste en chef de la Banque Scotia et spécialiste de l'industrie, a estimé jeudi que les nouvelles conventions augmentaient la compétitivité, ajoutant qu'elles attireraient probablement des investissements de la part de producteurs actuels.

«Je crois que cela va nous rendre plus concurrentiels à l'avenir. Mais si vous regardez ce qui passe dans l'industrie, la réalité est que toutes les nouvelles usines se retrouvent principalement au Mexique et en Amérique du Sud», a-t-il déclaré en entrevue.

M. Lewenza a affirmé jeudi qu'il aurait aimé obtenir des constructeurs qu'ils s'engagent à investir à long terme, mais il a dit croire que des décisions en ce sens seront annoncées lors des années à venir.

Les gouvernements fédéral et ontarien se doivent d'adopter des stratégies protégeant le secteur canadien de l'automobile en neutralisant les offres faites par d'autres juridictions pour attirer des usines, a-t-il ajouté.

Les accords conclus avec les trois grands de Detroit permettent aux constructeurs d'embaucher de nouveaux employés à salaire et taux de prestations moins élevés durant une période de 10 ans, tout en maintenant à leurs niveaux les salaires horaires des employés actuels pendant les quatre années des conventions.

Chaque travailleur actuel recevra cependant un chèque de 2000 $ lors des deuxième, troisième et quatrième années de l'entente pour couvrir l'augmentation du coût de la vie, en plus d'une prime de 3000 $ à la ratification.

Les nouveaux travailleurs des usines de Ford, GM et Chrysler au Canada commenceront leur carrière à un salaire de 20 $ l'heure, en baisse par rapport au salaire de départ de 24 $ l'heure précédemment en vigueur, et il leur faudra 10 ans pour atteindre le sommet de l'échelle, à 34 $ l'heure, contre six ans auparavant.

Ces nouveaux employés disposeront aussi d'un régime de pensions hybride, plutôt que d'un régime à prestations déterminées comme les travailleurs actuels.

De plus, les ententes préservent trois quarts de travail à l'usine de fourgonnettes de Chrysler à Windsor, en Ontario, et deux quarts à son usine d'assemblage de Brampton, également en Ontario. Ford et GM ont consenti à créer 600 et 1750 emplois, respectivement.

Les membres des TCA à l'emploi de Ford se sont prononcés en faveur de leur entente le week-end dernier. Jeudi, ce sont les travailleurs de GM qui ont entériné l'entente dans uns proportion de 73 pour cent. Les travailleurs de Chrysler seront appelés à voter samedi et dimanche.

Le résultat du vote de ratification auquel ont pris part les employés de GM devait être annoncé jeudi.

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