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L'artiste dissident chinois Ai Weiwei ne paiera pas le reste de son amende

27/09/2012 08:57 EDT | Actualisé 27/11/2012 05:12 EST

PÉKIN, Chine - L'artiste dissident chinois Ai Weiwei a déclaré qu'il n'avait pas l'intention de payer la totalité de l'amende de 15 millions de yuans (2,3 millions $ CAN) que lui réclame le fisc chinois, confirmée jeudi par le rejet du second appel de l'artiste.

Ai Weiwei a jugé cette décision «barbare».

«Ce qui me surprend dans cette société, qui se développe tellement vite aujourd'hui, c'est qu'elle a toujours le système judiciaire le plus barbare et le plus arriéré», a-t-il dit. «C'est un mauvais présage.»

Cette amende pour évasion fiscale infligée à l'entreprise d'Ai Weiwei est considérée par l'artiste et ses partisans comme un acte de représailles contre son militantisme. Ai Weiwei s'est servi de sa célébrité pour mettre en lumière les injustices de son pays.

Un peu plus de la moitié de l'amende a été prélevée l'année dernière, peu après sa libération de prison, dans un contexte de répression générale contre les dissidents. L'artiste a déclaré jeudi qu'il ne payerait pas le reste de l'amende.

Ai Weiwei et son entreprise, Fake Cultural Development, ont accusé le fisc d'avoir violé la loi à plusieurs reprises dans son comportement vis-à-vis des témoins, de la récolte de preuves et de l'accès aux comptes de l'entreprise. La cour intermédiaire numéro deux de Pékin a rejeté ces accusations. La décision ne peut plus être contestée.

Ai Weiwei accuse les autorités de l'avoir privé de ses droits et de ne pas avoir suivi les procédures de base.

Selon lui, le tribunal aurait dû lui signifier par écrit son jugement trois jours à l'avance, au lieu de le lui annoncer par téléphone mercredi, la veille de la décision, comme cela a été fait. Ce délai trop court a empêché la présence de ses avocats, qui étaient alors en déplacement, a-t-il dit.

L'artiste a ajouté que les autorités ne lui avaient toujours pas rendu son passeport, l'empêchant de quitter le pays. Le document lui avait été retiré après son placement en détention sans aucune raison apparente durant trois mois, l'année dernière, a-t-il affirmé. Les autorités avaient fait savoir que son passeport lui serait rendu à la fin de sa période probatoire, qui se termine en juin.

Ai Weiwei a souligné qu'il se voyait dans l'impossibilité de présenter son travail dans des expositions et d'honorer d'autres engagements à Washington, New York et Berlin.

Sculpteur, photographe et auteur d'installations, Ai Weiwei s'est servi de son art pour dénoncer les injustices de la société chinoise, réclamer l'État de droit et davantage de transparence.

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