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Des ONG appellent le Koweït à mettre fin aux "abus" contre les apatrides

27/09/2012 07:30 EDT | Actualisé 27/11/2012 05:12 EST

Trois organisations de défense des droits de l'Homme ont exhorté jeudi l'émir du Koweït à mettre fin aux abus dont seraient victimes plus de 100.000 apatrides dans le riche émirat pétrolier du Golfe.

Dans une démarche sans précédent, Refugees International, Human Rights Watch et Amnesty International ont adressé une lettre conjointe à l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Ahmad, l'appelant à trouver une solution à la situation critique des apatrides (Bidoun, en arabe).

"Les Bidoun ne sont pas traités de manière égale devant les tribunaux (...), sont victimes de violences répétées et de discrimination", lit-on dans la lettre dont l'AFP a obtenu une copie.

Depuis le début des protestations des apatrides en 2011, la politique du gouvernement à leur égard "s'est détériorée à tel point qu'elle a érodé la capacité du Koweït à remplir ses engagements internationaux en matière de droits de l'Homme", ajoute la lettre.

Les signataires déplorent un recours "excessif" de la police à la force contre les manifestations pacifiques des apatrides réclamant la nationalité, ajoutant que des dizaines d'entre eux avaient dénoncé des abus durant leur détention.

Près de 200 apatrides ont été poursuivis en justice pour rassemblement non autorisé, résistance ou attaque contre la police. Plusieurs suspects ont été acquittés alors que d'autres attendent une décision de justice.

Les promesses faites par le gouvernement aux Bidoun en avril 2011 n'ont pas été tenues, laissant plusieurs d'entre eux sans accès à l'emploi, à la santé, à l'éducation et à d'autres services publics de base mais aussi à des documents officiels comme les actes de naissance, selon les trois ONG.

"Le plus flagrant, c'est l'exclusion par le gouvernement des enfants Bidoun de l'enseignement primaire et secondaire, une situation exacerbée par la récente décision d'interdire les contributions caritatives, y compris pour les frais de scolarité", ajoutent-elles.

Les ONG exhortent l'émir à notamment naturaliser ces apatrides.

En décembre, le Koweït avait annoncé que 34.000 apatrides sur les 105.000 qui vivent dans le pays étaient éligibles à la nationalité, accusant les autres de cacher leur véritable nationalité.

oh/tm/tp

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