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Des insurgés prennent le contrôle d'une prison du nord de l'Irak

27/09/2012 03:27 EDT | Actualisé 27/11/2012 05:12 EST

Des insurgés lourdement armés se sont emparés jeudi d'une prison de Tikrit, une ville du nord de l'Irak, à la faveur d'un assaut au cours duquel au moins deux gardiens ont péri.

L'offensive n'a pas été revendiquée, mais l'Etat islamique d'Irak (ISI), branche d'Al-Qaïda dans le pays, avait dit en juillet vouloir s'en prendre aux juges et procureurs, et libérer ses membres emprisonnés.

Vers 19H00 (16H00 GMT), "un kamikaze au volant d'une voituré piégée s'est fait exploser à l'entrée de la prison. Des hommes armés ont alors pris d'assaut l'établissement puis tué les gardiens", a indiqué un officier de police.

Deux heures plus tard, "tous les accès à la prison" se trouvaient sous le contrôle des assaillants, selon une source au ministère de l'Intérieur, qui a précisé qu'au moins deux policiers ont été tués. En Irak, les gardiens de prison sont issus des rangs de la police.

Le gouverneur adjoint de la province de Salaheddine a ajouté que les "tours de garde sont (aussi) sous le contrôle des insurgés".

Selon une source policière, les affrontements entre insurgés et gardiens se seraient soldés par la mort de quatre policiers et de deux assaillants, tandis qu'un colonel de police a rapporté la mort d'un gardien et expliqué que le directeur de la prison, le général Laïth al-Sagmani, avait été blessé.

Après avoir pénétré dans la prison, les assaillants ont pu rejoindre des détenus eux aussi armés, a précisé un responsable des forces de sécurité qui se trouvait dans l'enceinte de la prison.

Des renforts ont été envoyés, mais au bout de deux heures, les assaillants ont réussi à prendre le contrôle du bâtiment.

Interrogés par l'AFP, des témoins qui vivent aux abords de la prison ont raconté avoir vu une centaine de détenus s'échapper et affronter la police et l'armée à l'extérieur du bâtiment.

Un officier de police, lui aussi témoin de l'assaut, a pour sa part estimé à "30 ou 40", le nombre de prisonniers qui auraient réussi à prendre la fuite.

Tikrit, qui est par ailleurs la ville d'origine de l'ancien président irakien Saddam Hussein, a été placée sous couvre-feu.

En juillet, l'Etat islamique d'Irak avait annoncé son intention d'intensifier son combat dans le pays, par le biais d'un message de son chef Abou Bakr al-Baghdadi.

Il y proclamait le "lancement d'un nouveau projet, baptisé 'Abattre les murs'. La priorité est de libérer les prisonniers musulmans où qu'ils se trouvent, puis de traquer et éliminer les juges, les procureurs et ceux qui les protègent".

Dans la foulée, des assauts contre des prisons s'étaient produits.

Le 1er août, des hommes armés avaient tenté, sans succès, de pénétrer dans la prison de Taji, au nord de Bagdad, en faisant exploser une bombe à l'entrée.

La veille, la direction de l'anti-terrorisme de Bagdad avait été la cible d'une attaque visant, selon le ministère de l'Intérieur, à libérer des prisonniers.

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