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Combats sans relâche en Syrie, des bilans de plus en plus lourds

27/09/2012 04:17 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

Les forces du régime syrien ont visé jeudi à l'artillerie lourde plusieurs bastions rebelles à travers le pays où le bilan des victimes ne cesse de s'alourdir avec au moins 305 morts la veille, journée la plus sanglante en 18 mois de conflit.

Alors qu'aucune solution n'est en vue pour mettre fin à la guerre civile déclenchée par une contestation populaire réprimée dans le sang, les violences s'intensifient avec leur lot quotidien de morts et de destructions, sur fond de blocage diplomatique international persistant.

En marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, les Etats-Unis ont ainsi demandé au Conseil de sécurité de "tenter une nouvelle fois" de trouver un accord pour mettre fin à l'effusion de sang en Syrie, et le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a déploré les "désaccords" au sein de cette instance.

Les Occidentaux et de nombreux pays arabes réclament un départ du pouvoir du président Bachar al-Assad qui veut en finir "à tout prix" avec les rebelles assimilés à des "terroristes", alors que Russes et Chinois refusent toute ingérence dans les affaires de leur allié syrien.

Entre-temps sur le terrain, des dizaines de civils sont tués tous les jours dans les bombardements aériens et à l'artillerie des forces du régime, les combats entre soldats et rebelles et les exécutions sommaires, selon des ONG.

Mercredi au moins 305 personnes, dont 199 civils, ont péri, le bilan plus lourd enregistré en une seule journée depuis mars 2011, selon un décompte publié jeudi par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Ce bilan ne prend pas en compte "les corps retrouvés et non identifiés", a déclaré le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, dont l'organisation s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins sur place.

"Que faut-il de plus pour que le monde vienne en aide au peuple syrien? Il y a des centaines de morts chaque jour", a-t-il déploré.

Le conflit a fait au total plus de 30.000 morts, selon l'OSDH, et a poussé à la fuite plus de 300.000 personnes alors qu'environ deux millions de Syriens manquent de produits de première nécessité. De nombreuses localités ont été dévastées et vidées de leurs habitants.

La commissaire européenne à l'Aide humanitaire, Kristalina Georgieva, a réclamé un meilleur accès pour les agences et organisations humanitaires en Syrie, où la situation s'aggrave à l'approche de l'hiver.

Encore jeudi, plusieurs bastions rebelles assiégés par l'armée dans les provinces de Homs, Hama (centre), Alep (nord), Idleb, Lattaquié (nord-ouest), et Deir Ezzor (est) étaient la cible de violents bombardements à l'artillerie lourde, selon l'OSDH.

Les soldats cherchent à prendre d'assaut les localités pour en déloger les insurgés qui leur opposent une forte résistance, a précisé l'ONG.

A Alep, les chefs rebelles expliquent l'enlisement de la bataille pour le contrôle de cette ville stratégique, par le peu de munitions qui leur reste. Selon eux, elles leur suffisent tout juste à défendre leurs positions avec des snipers parcimonieux.

Mercredi, un double attentat a frappé le siège de l'état-major de l'armée au coeur de Damas tuant quatre gardes. L'attaque a été revendiquée par un groupe jihadiste, la branche de Damas de "Tajamo Ansar al-islam" (Rassemblement des partisans de l'islam), qui a perdu cinq combattants dont un kamikaze.

Malgré ce nouveau coup dur porté à l'appareil sécuritaire, le régime ne lâche pas prise et reste déterminé à mater ses adversaires.

Face à l'effusion de sang, la Tunisie s'est dite à New York favorable à une "force arabe de maintien de la paix" en Syrie, faisant écho au Qatar qui a appelé à une intervention militaire arabe.

Des entretiens à huis clos se sont tenus en marge de l'Assemblée générale de l'ONU entre des responsables arabes et l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, qui a reconnu à maintes reprises que sa mission était "très difficile".

"Pendant que les atrocités augmentent, le Conseil de sécurité reste paralysé et je demande instamment que nous tentions une nouvelle fois de trouver un moyen de progresser" vers un accord, a déclaré la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton lors d'une réunion ministérielle du Conseil.

Mais son homologue russe Sergueï Lavrov a de nouveau rejeté la responsabilité de l'impasse sur les "pays qui incitent les opposants à Bachar al-Assad à refuser un cessez-le-feu et un dialogue" avec le régime.

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