Place au cinéma! ... Inch'Allah, Hôtel Transylvanie, On ne cédera pas, Looper - Les tueurs du temps, Bienvenue parmi nous... Voici les résumés et critiques des nouveaux films dans les salles du Québec cette semaine.

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  • HOTEL TRANSYLVANIE (Hotel Transylvania) (5)

    <strong>États-Unis. 2012. 91 min.</strong> Film d'animation de Genndy Tartakovsky. Ne pouvant se consoler de l'exécution sommaire de son épouse par une foule d'humains en colère, le comte Dracula, soucieux d'éviter un pareil sort à sa fille adorée Mavis, a ouvert en Transylvanie un hôtel où peuvent se réfugier tous les types de monstres. Mais Mavis fête maintenant ses 118 ans, ce qui veut dire qu'elle a désormais le droit de sortir de la propriété et de connaître le vaste monde. Surprotecteur, son père parvient, grâce à une supercherie très élaborée, à lui faire craindre tout contact avec les mortels et à l'inciter à demeurer dans l'hôtel. C'est alors que survient Jonathan, un jeune voyageur américain égaré en Transylvanie, qui demande l'hospitalité à Dracula. Malgré tous ses efforts, ce dernier ne peut empêcher Mavis de s'éprendre de ce garçon candide qui, à sa grand surprise, lui semble bien inoffensif. Hormis quelques clins d'oeil amusants aux classiques de l'horreur, rien à signaler du côté de ce divertissement familial peu imaginatif et très mince, sur les thèmes du rite de passage, de la tolérance et du sentiment amoureux. Expressive et colorée, l'animation est toutefois desservie par une réalisation agitée, qui multiplie les péripéties inutiles.

  • INCH'ALLAH (4)

    <strong>Canada. 2012. 101 min.</strong> Drame de Anaïs Barbeau-Lavalette avec Évelyne Brochu, Sabrina Ouazani, Sivan Levy, Yousef Sweid, Hammoudeh Alkarmi, Carlo Brandt, Zorah Benali, Marie-Thérèse Fortin. Obstétricienne dans une clinique de fortune en territoire palestinien, la Québécoise Chloé rentre le soir à son appartement en Israël, où plane constamment la menace d'attentats-suicides. Tout en fraternisant avec Ava, une jeune voisine qui fait son service militaire au poste de contrôle qu'elle traverse chaque jour, Chloé développe un lien d'amitié avec Rand, une patiente sur le point d'accoucher. C'est ainsi que l'obstétricienne fait la connaissance de la mère de Rand, mais aussi celle de son petit frère autiste et de son aîné, impliqué dans la résistance contre l'occupant israélien. Au lendemain d'une série de tirs sur une colonie juive, un char d'assaut, envoyé en patrouille de l'autre côté du mur de sécurité, écrase accidentellement un petit Palestinien frondeur que Chloé avait pris en affection. Fortement ébranlée par cette mort, ainsi que par d'autres événements tout aussi dramatiques, la jeune Québécoise, incapable de respecter son devoir de neutralité, pose un geste qui aura de lourdes conséquences. La réalisatrice du drame social LE RING fait une fois de plus preuve de sincérité et d'aplomb dans son deuxième long métrage de fiction, évocation à échelle humaine et d'un point de vue étranger du conflit israélo-arabe. Malgré un personnage peu défini, Évelyne Brochu livre une solide performance et la réalisation nerveuse fait oublier certaines maladresses d'écriture.

  • ON NE CEDERA PAS (Won't Back Down) (4)

    <strong>États-Unis. 2012. 121 min.</strong> Drame social de Daniel Barnz avec Maggie Gyllenhaal, Viola Davis, Rosie Perez, Oscar Isaac, Emily Alyn Lind, Holly Hunter, Ving Rhames. Dans un quartier pauvre de Pittsburgh, Jamie Fitzpatrick cumule les petits boulots pour subvenir aux besoins de sa fille dyslexique Malia, qu'elle élève seule. Malgré son handicap, la petite n'obtient aucun soutien du personnel de son école primaire, une institution sclérosée formant surtout des décrocheurs et des analphabètes. Devant ce constat accablant, Jamie entreprend de transformer cette école. Elle cherche alors le soutien de Nona, une enseignante démotivée dont le propre fils souffre également de graves troubles d'apprentissage. D'abord hésitante, celle-ci finit par se rallier à la cause, subissant toutefois l'hostilité grandissante de son entourage professionnel. Car les deux mères doivent à la fois combattre une bureaucratie tatillonne et le tout-puissant syndicat de l'école. S'inspirant de faits vécus, Daniel Barnz (BEASTLY) dresse un triste constat du système scolaire public américain, à travers un récit néanmoins rempli d'espoir. Malgré quelques effets mélodramatiques, le combat de ces deux femmes se révèle inspirant, porté par l'humanité chaleureuse de Maggie Gyllenhaal et Viola Davis, qui forment un étonnant tandem.

  • LOOPER - LES TUEURS DU TEMPS (Looper) (4)

    <strong>États-Unis. 2012. 119 min.</strong> Science-fiction de Rian Johnson avec Joseph Gordon-Levitt, Bruce Willis, Emily Blunt, Pierce Gagnon, Jeff Daniels, Paul Dano. En 2042, le voyage dans le temps étant rendu possible mais uniquement sur le marché noir, les gangsters envoient leurs captures trente ans en arrière, afin qu'elles soient abattues proprement par des tueurs à leur solde appelés "loopers". Alerté par le fait qu'un nouveau baron de la pègre, le Rainmaker, veut mettre à mort tous les loopers en envoyant dans le passé leurs versions âgées, Joe, jusque là un docile assassin, sent sa fin venir. Ses craintes sont confirmées lorsqu'apparaît devant lui son moi aîné, qui profite d'un instant d'hébétude pour le désarmer et filer. Pourchassé par ses employeurs, lui-même à la poursuite de son moi qu'il veut à la fois capturer et protéger, le jeune renégat blessé par balle trouve refuge sur une ferme habitée par une mère célibataire et son gamin de cinq ans. Pendant ce temps, le vieux Joe en cavale cherche parmi les enfants du même âge celui qui sera le futur Rainmaker, afin de l'éliminer. Sur le motif connu du voyage temporel, Rian Johnson (BRICK) a composé un fascinant thriller d'anticipation, dont le scénario complexe, quoiqu'un peu nébuleux, place l'intelligence au centre de l'équation. Maquillé de façon à ressembler à son vieil alter ego, Joseph Gordon-Levitt en impose, et Bruce Willis apporte de belles nuances mélancoliques à son personnage.

  • EL HUASO (4)

    <strong>Canada. 2011. 80 min.</strong> Documentaire de Carlo Guillermo Proto. Persuadé d'être atteint de la maladie d'Alzheimer, Gustavo Proto, Chilien de 58 ans installé au Canada, annonce à sa famille qu'il veut mettre fin à ses jours. Avant de passer à l'acte, il retourne dans son pays afin de réaliser son rêve d'être cow-boy. Ce faisant, cet homme dépressif et angoissé reprend goût à la vie, tandis que ses proches s'inquiètent pour lui. À travers le portrait de son père, qui a vécu le poids du suicide de son propre géniteur, Carlo Guillermo Proto signe une réflexion touchante et respectueuse sur le deuil et le suicide. La réalisation sobre, intimiste, met en valeur les divers participants, qui livrent avec générosité et franchise leurs opinions sur des sujets délicats.

  • BIENVENUE PARMI NOUS (5)

    <strong>France. 2011. 90 min.</strong> Drame psychologique de Jean Becker avec Patrick Chesnais, Jeanne Lambert, Miou-Miou, Jacques Weber, Xavier Gallais, Raphaëline Goupilleau. Malgré son aisance financière, l'amour de son épouse, de ses enfants et de son meilleur ami sculpteur, le peintre Taillandier, en panne d'inspiration, vit une profonde dépression. Un soir de pluie à la campagne, avec sa carabine de chasse achetée la veille, il s'apprête à se tirer une balle dans la tête. Ne parvenant pas à appuyer sur la gâchette, le sexagénaire, la rage au coeur, reprend la route. Il tombe alors en ville sur Marylou, une adolescente mise dehors par sa mère, qui ne veut pas la croire quand elle prétend que son beau-père, un individu violent, a tenté de l'agresser sexuellement. Bien malgré lui, Taillandier prend sous son aile cette jeune fille qui ne sait où aller. Se faisant passer pour son père, il loue pour eux deux une petite maison sur le bord de la mer. Au contact de la fantasque Marylou, l'artiste retrouve l'inspiration et le goût de peindre. Par ailleurs, il doit sans cesse surveiller l'adolescente, encline à poser des gestes imprudents. Débutant de manière similaire à son DEUX JOURS POUR TUER, ce nouveau film de Jean Becker apparaît toutefois moins réussi. La deuxième partie manque en effet de nuances et de vérité psychologique. Bien rythmée, la réalisation est cependant très classique. La candeur un peu forcée de Jeanne Lambert détonne avec le jeu tout en retenue de Patrick Chesnais.

  • LA NOTE PARFAITE (Pitch Perfect) (5)

    <strong>États-Unis. 2012. 103 min.</strong> Comédie musicale de Jason Moore avec Anna Kendrick, Brittany Snow, Rebel Wilson, Anna Camp, Skylar Astin, Alexis Knapp. Nouvellement arrivée à l'université Barden, Beca, étudiante solitaire rêvant de devenir DJ, se joint aux Barden Bellas, chorale féminine en perte de popularité. À leur grand dam, les solistes vedettes Chloe et Aubrey ont aussi dû repêcher des chanteuses ne correspondant pas à leurs standards habituels, dont l'exubérante Fat Amy. Alors que les Bellas répètent d'anciens numéros en vue d'un championnat national, Beca se heurte aux idées conservatrices de Chloe en proposant de moderniser la style de la chorale. Responsable de la défaite de l'an dernier face aux Treblemakers, l'ambitieuse Chloe gère de moins en moins la pression à mesure que se rapproche la finale. De plus, elle voit d'un mauvais oeil l'amitié entre Beca et Jesse, recrue des Treblemakers. Ce scénario conventionnel émaillé de blagues vulgaires évoque un maladroit croisement entre la proprette télésérie Glee et l'irrévérencieux BRIDESMAIDS. Au coeur de la réalisation tapageuse, où s'enchaînent des numéros musicaux bien exécutés mais volontairement risibles, Anna Kendrick apparaît plutôt terne, se faisant damer le pion par la plantureuse Rebel Wilson.