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Taxe santé: Nicolas Marceau tente d'amadouer l'opposition

26/09/2012 12:44 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

QUÉBEC - Le ministre des Finances Nicolas Marceau a tenté d'amadouer l'opposition, mercredi, en déclarant que son projet d'abolition de la taxe santé n'entraînera pas d'augmentation du fardeau fiscal total des particuliers.

M. Marceau a cependant reconnu que cette mesure occasionnera un transfert vers les contribuables au revenu plus élevé, dont les cotisations seront haussées.

Avant le premier caucus des députés péquistes depuis leur assermentation, M. Marceau a affirmé qu'il est disposé à négocier avec les partis de l'opposition, à l'exception de deux principes pour lesquels il sera inflexible.

«Les deux principes sont: l'abolition de la taxe santé de manière à ce que les Québécois ne paient pas le 200 $. Et deuxièmement, transférer le fardeau fiscal de 1 milliard $ vers les contribuables les plus nantis», a-t-il dit.

Le ministre des Finances a ainsi répété son intention d'annuler la taxe santé et de combler le manque à gagner de 1 milliard $ en haussant l'impôt des particuliers dont le revenu dépasse 130 000 $.

Par contre, M. Marceau a laissé la porte ouverte à une discussion sur la hausse de l'impôt sur les gains en capital et la réduction des crédits d'impôts sur les dividendes, deux autres mesures du PQ qui doivent éponger l'abolition de la taxe santé de 200 $.

«Nous sommes conscients que nous sommes un gouvernement minoritaire, a-t-il dit. J'ai pris connaissance des propos des autres partis. C'est clair que si notre scénario privilégié ne peut pas être accepté par les partis de l'opposition, nous allons nous ouvrir à des alternatives.»

M. Marceau a affirmé qu'il était aussi ouvert à discuter de la rétroactivité de sa mesure, qui hausserait les ponctions fiscales prévues pour les mois précédant l'élection de son gouvernement, une décision qui a suscité la controverse.

«Nous sommes souples sur les moyens, cela inclut la rétroactivité, cela inclut les dividendes, le capital, le type de hausses à l'impôt, a-t-il dit. Tout cela, nous sommes souples, je le répète, l'important pour nous, c'est que l'esprit de la proposition que nous avons faite soit respecté.»

Plus tôt mercredi, à Montréal, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a laissé entendre qu'il serait prêt à faire tomber le gouvernement minoritaire de Pauline Marois si celui-ci persiste à vouloir instaurer une hausse d'impôt rétroactive.

À Québec par la suite, M. Marceau a esquissé la position de négociation du gouvernement dans ce dossier.

«Il a dit qu'il ne veut pas de hausses d'impôt, a-t-il dit aux journalistes. Nous n'augmentons pas les impôts. Je vous rappelle que le fardeau fiscal total des particuliers ne change pas, tout ce qu'il y a, c'est un transfert. À partir de là, nous sommes ouverts.»

M. Marceau a affirmé que les négociations avec l'opposition s'amorceront d'ici à la rentrée parlementaire, fixée mercredi au 30 octobre prochain, soit deux semaines plus tard que prévu lors du déclenchement des élections.

«J'ai vu que M. Legault a pris position, a-t-il dit. À mon sens, la négociation commence. De ce que j'ai entendu de ce qu'il a dit, je ne vois pas que ce ne sera pas possible, je pense au contraire qu'il y a des possibilités.»

Lors d'une conférence de presse, M. Legault, favorable à l'abolition de la taxe santé, a expliqué que son parti financerait plutôt cette mesure par une réduction des dépenses publiques.

«On n'appuiera pas une hausse des impôts», a-t-il martelé à plusieurs reprises.

Admettant qu'il serait insensé de retourner en élection aussi rapidement si jamais le gouvernement était défait, M. Legault a tout de même mis son adversaire péquiste en garde.

«Que Mme Marois agisse en conséquence ou qu'elle obtienne l'appui du Parti libéral», a-t-il dit.

Le chef libéral intérimaire Jean-Marc Fournier a enjoint le gouvernement à cesser de dire que la taxe santé est régressive.

Selon les libéraux, qui ont mis en place cette taxe, des exemptions permettent aux ménages à faible revenu d'être exemptés.

«Si tout le monde veut trouver des terrains d'entente, le premier outil qu'on doit se donner, c'est la vérité, a-t-il dit. Alors si on veut parler de la contribution santé, arrêtez de dire que c'est régressif, vous pouvez dire qu'elle n'est pas aussi progressive que vous voulez.»

Le député libéral de Lotbinière-Frontenac, Laurent Lessard, a affirmé que le gouvernement aura fort à faire pour convaincre son caucus du caractère rétroactif des compensations fiscales utilisées par le PQ pour combler les pertes liées à l'abolition de la taxe santé.

«On va prendre ça une bouchée à la fois», a-t-il dit.

Du côté de Québec solidaire, les députés Amir Khadir et Françoise David ont assuré le gouvernement de leur appui dans un bon nombre de dossiers, notamment sur les hausses d'impôt rétroactives.

La rétroactivité de la hausse «ne gêne pas du tout» Québec solidaire, a dit Mme David, qui estime «logique» d'augmenter l'impôt des plus riches pour combler le manque à gagner.

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