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Syrie: des pays arabes discutent à l'ONU d'une intervention militaire

26/09/2012 08:04 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

Des pays arabes ont débattu mercredi à l'ONU des contours d'une éventuelle intervention militaire "arabe" en Syrie, les Etats-Unis exhortant de leur côté un Conseil de sécurité "paralysé" à s'entendre pour trouver une issue au conflit.

Au deuxième jour de l'Assemblée générale de l'ONU, le Conseil de sécurité a tenu une réunion ministérielle consacrée aux Printemps arabes, mais où la guerre civile qui ravage la Syrie a dominé les débats.

Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, dont l'organisation avait suspendu Damas de ses travaux et dénoncé début septembre des "crimes contre l'humanité", a regretté "qu'une fois de plus, malheureusement, le Conseil de sécurité ait échoué à réaliser ses objectifs en raison des désaccords au sein du P5", les cinq membres permanents du Conseil.

Des ministres d'Etats membres de la Ligue arabe se sont aussi concertés à huis clos sur les moyens d'agir. Et il y a eu des discussions entre des responsables arabes et l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe, le diplomate algérien Lakhdar Brahimi.

Cet émissaire international avait déploré lundi devant le Conseil de sécurité l'absence d'issue en vue pour un conflit qui a fait en 18 mois quelque 30.000 morts, 1,2 million de déplacés en Syrie et 300.000 dans les pays frontaliers.

Qualifiant le président syrien Bachar al-Assad de "dictateur sanguinaire, (...) véritable Néron capable de détruire l'ensemble du pays pour rester au pouvoir", le président tunisien Moncef Marzouki s'est dit favorable à une "force arabe de maintien de la paix".

"Il faut qu'il y ait une force d'intervention de maintien de la paix arabe, oui", a déclaré à l'AFP M. Marzouki.

Son appel fait écho à celui du Qatar, mardi à l'ONU, qui a réclamé une intervention militaire panarabe pour "faire cesser le bain de sang" en Syrie.

Le Qatar est avec l'Arabie saoudite le chef de file des pays arabes qui appuient la rébellion syrienne. Son émir, Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, a rappelé l'envoi par la Ligue arabe en 1976 de 30.000 hommes pour tenter de mettre fin à la guerre du Liban. Il a évoqué, en guise de "plan B", une zone d'exclusion aérienne au-dessus d'une partie du territoire syrien.

Le secrétaire général de la Ligue arabe a toutefois souligné que, selon lui, l'émir du Qatar ne pensait pas à une "force combattante" arabe en Syrie.

Même scepticisme du côté du président islamiste égyptien Mohamed Morsi, qui s'est de nouveau dit contre une intervention militaire étrangère en Syrie. Mais il a répété que son homologue syrien devait partir.

C'est la position des Etats-Unis depuis des mois.

Washington exclut toute action militaire directe en Syrie, mais la secrétaire d'Etat Hillary Clinton doit annoncer cette semaine une aide supplémentaire "non létale" à la rébellion syrienne, a indiqué un diplomate américain.

Le Conseil de sécurité est divisé pour trouver une sortie de crise en Syrie. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France s'opposent à la Russie et à la Chine qui ont bloqué trois projets de résolutions menaçant Damas de sanctions.

Dénonçant cette "paralysie (...) pendant que les atrocités augmentent", Mme Clinton a exhorté "instamment" le Conseil à "tenter une nouvelle fois" de trouver un accord (...) afin de mettre fin à la violence".

Mais son homologue russe Sergueï Lavrov a rejeté la responsabilité de l'impasse sur les "pays qui incitent les opposants à Bachar al-Assad à refuser un cessez-le-feu et à refuser de dialoguer" avec Damas.

Des experts expliquent depuis des mois que la guerre en Syrie --opposant la minorité alaouite (une branche du chiisme) au pouvoir à une population sunnite-- exacerbe les divisions confessionnelles dans le monde arabe, notamment entre le "croissant chiite" (Iran, Irak, Syrie et une partie du Liban) et des pays comme l'Arabie saoudite et le Qatar.

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