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26/09/2012 01:48 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

Ontario: la justice pourrait rejeter le gel des salaires, admet le gouvernement

TORONTO - Le gouvernement libéral de l'Ontario est confiant que la loi qui imposerait un gel salarial à près de 500 000 employés du secteur public résistera à une contestation juridique, mais le ministre provincial des Finances a admis qu'il existe un «risque réel» qu'elle soit abolie par les tribunaux.

Dwight Duncan a indiqué aux journalistes, après avoir présenté les détails de son projet de loi, qu'un risque d'ordre constitutionnel pèse sans équivoque sur la question.

Des leaders syndicaux ont rapidement condamné la loi envisagée, qui ressemble à celle adoptée par le gouvernement pour imposer un contrat de travail aux enseignants de la province plus tôt ce mois-ci, bloquant les salaires et les avantages sociaux pour deux ans.

Mais cette fois, la loi à l'intention des fonctionnaires et des employés des hôpitaux, des universités, des agences provinciales, des centres de soins de longue durée et des compagnies d'hydroélectricité préserve leur droit de grève, selon M. Duncan.

Elle accorde toutefois également à M. Duncan le pouvoir d'imposer une convention collective s'il est en désaccord avec l'entente conclue, ce qui selon les dirigeants syndicaux élimine dans les faits leur droit à la grève.

Le Syndicat des employées et employés de la fonction publique de l'Ontario estime que les Canadiens ne toléreront pas une telle attaque à l'encontre des droits des travailleurs.

«Les travailleurs sont abattus, ils sont frustrés, mais je pense — ma crainte — est qu'il y aura une combustion spontanée et les gens se diront, 'Tant pis, descendons dans les rues', a dit le président du syndicat, Smokey Thomas. Je dirais ceci aux Canadiens: on ne sait peut-être pas qui nous sommes, mais nous savons que nous ne sommes pas des Américains.»

De son côté, la Fédération du travail de l'Ontario a prévenu les libéraux qu'ils ne pourront plus compter sur l'appui des syndicats qui ont contribué à leur élection dans le passé.

Le premier ministre Dalton McGuinty a fréquemment prévenu que son gouvernement n'hésitera pas à adopter de telles lois s'il est incapable d'obtenir, par l'entremise de la négociation, les concessions dont il dit avoir besoin pour éliminer un déficit budgétaire qui devrait se chiffrer à 14,8 milliards $ cette année.

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