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Mode: révolution architecturale chez Guy Laroche, Dévastée au cimetière

26/09/2012 12:10 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

PARIS - Les présentations des collections de prêt-à-porter du printemps/été prochain ont pris leur vitesse de croisière mercredi à Paris et ont, entre autres, proposé de nouvelles lignes architecturales chez Guy Laroche alors que les esprits des cimetières flottaient en bichromie chez Dévastée.

Branle-bas de combat chez Guy Laroche, où le directeur artistique maison Marcel Marongiu se dit prêt à faire la révolution. «Il est temps que les femmes cessent de vouloir ressembler à leurs petites-filles», a expliqué à Sipa le styliste franco-suédois. Pour servir son propos, il est retourné à l'un de ses fondamentaux: l'architecture.

«J'ai toujours aimé le travail de Frank Gehry et sa vision des immeubles des grandes métropoles américaines», dit le styliste au sujet de l'architecte américano-canadien, connu pour son sens de la dislocation des formes et des volumes. Appliqué à la mode, ce style audacieux permet à Marongiu quelques audaces, comme découper une jupe de crêpe double-face en zébras bleu nuit/vert tendre.

L'autre nouveauté, c'est le retour de la longueur: sous le genou pour les robes et les jupes et enveloppant les chevilles pour les pantalons. Quelques trouvailles émaillent aussi la collection, comme des frises en zig-zig sur de hautes jupes à taille empire ouvertes en portefeuille sur le côté et déclinées en subtils jeux de gris et de noirs.

Plus loin, des motifs imprimés blanc dansent sur un combi-pantalon en soie sauvage d’un mauve fluide et hypnotique. Autre clin d'oeil à l'architecture: des droites futuristes croisent le fer avec des courbes adoucies sur des ensembles en jersey de soie rose poudré/blanc cassé ou blancs immaculés et renouent avec l’ADN maison.

Pour leur marque Dévastée, les duettistes originaires du Sud-Ouest Ophélie Kière, 30 ans, et François Alary, 31 ans, se sont souvenus de leur adolescence et de longues discussions sur les tombes du cimetière d'un village du Lot, au cours desquelles ils refaisaient le monde avant de monter faire de la mode à Paris.

De ces souvenirs, ils ont fait un livre écrit en collaboration avec l'écrivain Chloé Delaume. Les paysages de campagnes, les effets de cartes postales anciennes en noir et blanc, les motifs végétaux sont au centre de la collection, en imprimés ou numérisés. Des vers extraits de poème en noir au blanc dansent sur l'avant d'une robe de soie. L'utilisation de rayures horizontales en noir et blanc s'opposent sur un même modèle de jersey à des dessins de pierres tombales telles que les auraient dessinées un enfant. Sur une autre combinaison-pantalon de jersey de soie blanche des petits panneaux indiquent la direction «cimetière»...

Vissées sur la tête de larges casquettes de baseball à longue visière sont les couvre-chefs de la saison, en noir ou en blanc, et sont parfois maintenues par de longs voiles de tulle qui se ferment d'un immense noeud autour du cou. Aux pieds, la basket plate blanche est de rigueur. À la main, le simple cabas de soie de coton siglée du nom de la maison en version manuscrite est un «must» que s'arrachent déjà les «fashionistas» asiatiques, puisque c'est en Chine et au Japon que la marque compte la plus grande partie de ses clientes. Un vrai succès commercial en seulement huit ans d'existence.

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