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Le sport en Syrie en berne après dix-huit mois de violences

26/09/2012 05:49 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

Championnat de football en format réduit, stades déserts, exode de joueurs, les compétitions sportives en Syrie sont en berne après plus de dix-huit mois de violences qui ont fait des dizaines de victimes parmi les athlètes, et vidé les tiroirs-caisses des clubs.

Au moins 30 athlètes ou responsables sportifs ont été tués dans les combats et bombardements ou ont été victimes d'assassinats, comme le champion de boxe Ghiath Tayfour abattu à Alep (nord), la deuxième ville du pays.

Le basketteur Bassel Raya, les footballeurs Zakaria Youssef et Ahmad Sweidane, et l'arbitre Mahmoud Nseirate figurent sur cette liste macabre, de même que deux joueuses de basket, un entraîneur de boxe et des judokas.

Parmi les victimes les plus en vue figure aussi l'ex-patron de la fédération de football Marouane Arafat, tué par une balle perdue lors de combats à la frontière syro-jordanienne.

Les journalistes sportifs ne sont pas non plus épargnés par le conflit, déclenché en mars 2011 par une révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad qui s'est militarisée face à la violente répression.

Il y a un mois, le jeune journaliste Yamen al-Jaja a été blessé d'une balle à la tête alors qu'il circulait en voiture dans le sud de Damas, théâtre de combats entre l'armée régulière et les rebelles. Il se trouve depuis en soins intensifs.

L'arbitre de basket Abdel Razzak Mohammad, grièvement blessé il y a quatre semaines, a été lui amputé des deux pieds.

Les événements ont aussi poussé plus de 50 footballeurs à s'exiler dans les pays voisins, et d'autres attendent leur tour. Ruinés, les clubs se sont résignés à laisser partir leurs meilleurs éléments pour empocher l'indemnité de transfert.

Des entraîneurs syriens ont également choisi de partir, gagnant la Jordanie, le Liban, l'Irak et le sultanat d'Oman.

Les violences ont aussi vidé les stades, dans un pays pourtant grand amateur de football.

Pour la saison 2010/2011, la phase retour du championnat de football a été annulée, remplacée par un mini tournoi entre les quatre équipes arrivées en tête à l'issue des matches aller. Mais deux équipes ont déclaré forfait et le titre s'est finalement décidé, ironiquement, lors d'un match opposant l'équipe de l'armée à celle de la police et remportée par cette dernière.

L'équipe de la police a réussi à défendre son titre lors de la saison suivante. La situation sécuritaire rendant impossible la tenue de matches dans certaines villes et les déplacement lointains hors de la capitale, les 16 équipes de la 1ère division ont été reparties en deux poules avec un tour de play-off entre les quatre premiers de chacune.

Les deux clubs de Homs et celui d'Idlib, des villes bastions de la révolte, se sont désistés. La plupart des matches se sont joués dans la capitale devant des centaines, parfois seulement des dizaines, de supporteurs.

Le conflit empêche aussi les athlètes de s'entraîner dans de bonnes conditions et les piètres résultats réalisés au jeux Olympiques de Londres par les sportifs syriens, qui n'ont pas réussi à égaler leurs propres records, n'ont pas été une surprise.

Le vice-président du Comité olympique syrien, Maher Khayata, qui a reconnu l'"échec des sportifs syriens", a notamment mis en avant "les difficultés surgies lors des entraînements". "Les évènements en cours ont certainement eu un impact sur le moral de nos athlètes, limitant ainsi leurs capacités", a-t-il affirmé.

Sur le plan politique, des sportifs syriens, habitant pour la plupart à l'extérieur du pays, ont rallié l'opposition. Le plus connu est le footballeur Firas al-Khatib, un pilier de la sélection nationale. C'est également le cas du nageur Anas Mahmoud et du boxeur Nasser al-Chami, médaille de bronze aux JO d'Athènes en 2004 et qui a été blessé par balles à Hama, dans le centre de la Syrie.

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