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Le président égyptien prononce un discours très attendu devant l'ONU

26/09/2012 11:13 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

NEW YORK, États-Unis - Le président égyptien, Mohammed Morsi, a fait ses premiers pas mercredi aux Nations unies, prononçant un discours très attendu par les autres dirigeants du monde, qui attendaient de connaître les intentions du nouveau président islamiste quant à la démocratie et ses projets pour sortir son pays de la pauvreté.

Mohammed Morsi, 61 ans, issu du parti des Frères musulmans longtemps interdit en Égypte, est le premier président démocratiquement élu de l'histoire de son pays, comme il l'a lui-même rappelé à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU. Il a succédé le 30 juin à Hosni Moubarak, chassé du pouvoir par un soulèvement populaire en février 2011, après 29 ans de règne autoritaire.

Un deuxième dirigeant arrivé au pouvoir dans la foulée du Printemps arabe a fait son entrée mercredi à l'Assemblée générale de l'ONU: le président yéménite Abed Rabbo Mansour Hadi, qui a succédé en février à Ali Abdallah Saleh à l'issue d'un an de crise politique.

M. Mansour Hadi, chargé de conduire la transition démocratique dans son pays, a appelé à un processus similaire en Syrie, estimant que «la seule solution pour nos frères de Syrie est d'accepter un plan (...) permettant un changement pacifique et un transfert du pouvoir par les urnes».

Mohammed Morsi a condamné le film islamophobe «Innocence of Muslims», produit à titre privé aux États-Unis et considéré comme insultant pour l'islam. Selon le président égyptien, la liberté d'expression n'autorise pas les attaques envers la religion.

M. Morsi a également condamné la violence qui a enflammé le monde musulman après la publication de la vidéo sur le site YouTube.

Le discours du nouveau président égyptien est une réponse frontale au discours prononcé mardi à l'ONU par le président américain Barack Obama, qui a de nouveau condamné la vidéo islamophobe, tout en défendant vigoureusement la liberté d'expression et en dénonçant toute violence.

Au moins 51 personnes, dont l'ambassadeur des États-Unis en Libye, ont été tuées dans les manifestations contre le film islamophobe depuis le 11 septembre.

Le président égyptien a également défendu les droits des Palestiniens, estimant que l'ONU devait en faire une priorité.

«Les fruits de la dignité et de la liberté ne doivent pas rester hors de portée du peuple palestinien», a-t-il déclaré, en ajoutant qu'il était «honteux» que les résolutions de l'ONU ne soient pas appliquées.

M. Morsi a également dénoncé la construction par Israël de colonies sur un territoire revendiqué par les Palestiniens pour établir un futur État en Cisjordanie.

Mercredi, les membres du Conseil de sécurité de l'ONU devaient discuter de «la mutation du monde arabe» à l'ouverture de la réunion des ministres, à la demande du ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de sécurité.

À l'heure où les vetos de la Russie et de la Chine bloquent l'action du Conseil de sécurité sur le dossier syrien, l'ambassadeur allemand aux Nations unies, Peter Wittig, a défendu la position de son pays de se consacrer à quelque chose de nouveau et de positif, à savoir «l'émergence de la Ligue arabe comme un acteur régional qui a fait la preuve de son rôle essentiel dans la résolution des conflits».

La Ligue, qui rassemble 21 États, s'est émancipée des régimes arabes dictatoriaux et cherche à se transformer après les bouleversements du Printemps arabe.

La Ligue a ainsi soutenu les rebelles qui ont renversé le dictateur libyen Mouammar Kadhafi l'an dernier et suspendu la Syrie du président Bachar el-Assad en réaction à la violente répression du soulèvement contre son régime.

La Ligue arabe «promeut les valeurs défendues par les Nations unies, à savoir les droits de la personne, l'État de droit, la démocratie et le pluralisme», mais aussi la lutte contre la corruption et la promotion économique, a estimé l'ambassadeur Wittig.

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