POLITIQUE
26/09/2012 06:46 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

Le Canada boycotte le discours du président iranien devant les Nations Unies

AP
Mahmoud Ahmadinejad, President of Iran, addresses the 67th session of the United Nations General Assembly at U.N. headquarters, Wednesday, Sept. 26, 2012. (AP Photo/Jason DeCrow)

Le président iranien a accusé l'Occident et Israël de chercher à « intimider son pays aux moyens d'armes nucléaires », lors d'une allocution à la tribune de la 67e Assemblée générale des Nations unies, à New York.

Le président iranien, reconnu pour ses discours vindicatifs, a cette année consacré la plus grande partie de son allocution à exposer sa vision d'un nouvel ordre mondial qui ne serait pas dominé par une seule puissance. Contrairement à son habitude, il n'a pas mené de charge ouverte contre Israël, même s'il a dénoncé clairement la menace de l'État hébreu d'attaquer les installations nucléaires de son pays.

« Les menaces persistantes brandies par les sionistes incultes de recourir à l'action militaire contre notre grande nation illustrent clairement cette amère réalité », a déclaré Mahmoud Ahmadinejad.

La délégation canadienne quitte la salle

Alors que le président Ahmadinejad s'avançait vers la tribune, les représentants de plusieurs pays, dont le Canada et les États-Unis, se sont levés et ont quitté la salle, comme ils l'ont fait l'an dernier.

Ce geste du ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, avait d'autant plus de signification cette année après la rupture complète, par Ottawa, des relations diplomatiques canadiennes avec l'Iran, le 7 septembre dernier.

« Nous n'allons pas nous asseoir silencieusement dans nos chaises et entendre le discours haineux, antioccidental et antisémite de l'Iran », a déclaré Rick Roth, attaché de presse du ministre John Baird.

« Il est particulièrement fâcheux que M. Ahmadinejad ait une plate-forme à l'Assemblée générale de l'ONU le jour de [la fête juive] du Yom Kippour », a affirmé Erin Pelton, porte-parole de la mission américaine à l'ONU.

Le ministère iranien des Affaires étrangères demande de son côté à ses ressortissants d'éviter tout voyage au Canada en raison de l'islamophobie et de l'iranophobie qui y régneraient.

Le premier ministre Stephen Harper, qui n'est pas présent à l'ONU, y a délégué son ministre des Affaires étrangères, John Baird. Ce qui a soulevé des critiques de la part de l'opposition qui l'accuse de bouder l'ONU.

Plus de 167 chefs d'État, premiers ministres et délégués venus du monde entier convergent cette semaine à New York, où se déroulent les travaux de l'Assemblée générale des Nations unies.

L'ère de l'intimidation nucléaire

« La menace persistante venant de sionistes barbares de recourir à une action militaire contre notre grande nation est un exemple clair de cette triste réalité », a déclaré Mahmoud Ahmadinejad, soutenant que son pays vivait sous le joug constant d'une politique d'intimidation.

Ce genre de politique d'intimidation n'a selon lui qu'un seul but, soit d'asservir les nations.

« Mettre au point de nouvelles générations d'armes ultra-modernes et l'engagement des les utiliser en temps voulu est devenu le nouveau langage de la menace contre les nations pour les forcer à accepter une nouvelle ère hégémonique. » -- Mahmoud Ahmadinejad, président de la République islamique d'Iran

Le gouvernement iranien, qui subit d'intenses pressions depuis plusieurs années, est notamment l'objet d'un embargo commercial et pétrolier de la part de l'Europe et de sanctions économiques de la part des États-Unis, qui le soupçonnent de développer en secret des armes nucléaires en détournant ses installations nucléaires civiles.

L'évocation à plusieurs reprises par le gouvernement israélien de frappes aériennes préventives contre des installations nucléaires iraniennes a contribué à l'augmentation des tensions dans cette partie du monde.

Mardi, le président américain, Barack Obama, a affirmé dans son allocution que les États-Unis, bien qu'ils privilégient une solution diplomatique à la question nucléaire iranienne, feront « ce qu'ils ont à faire » pour empêcher l'Iran de développer un arsenal d'armes nucléaires.

Manifestations dans les rues de New York

Pendant ce temps, plusieurs centaines de personnes s'étaient donné rendez-vous devant l'édifice du siège des Nations unies pour manifester contre sa présence.

L'ancien maire de la ville, Rudolph Giuliani, et l'ex-président de la Chambre des représentants, Newt Gingrich, ont participé au rassemblement.

Plusieurs manifestations ont aussi eu lieu mardi devant l'hôtel Warwick, où séjourne Mahmoud Ahmadinejad.

Ce discours prononcé à l'Assemblée générale des Nations unies était le dernier du président Ahmadinejad, qui termine cette année son deuxième mandat à la tête de l'État iranien. Ce qui est le nombre maximum de mandats que peut solliciter un président en Iran.