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L'ADQ a payé et commandité la charte de Hérouxville, affirme André Boisclair

26/09/2012 10:12 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - L'ancien chef du Parti québécois, André Boisclair, a fait revivre le débat sur les accomodements raisonnables en déclarant que l'Action démocratique du Québec était derrière le code de vie de Hérouxville en 2007.

En entrevue avec le journaliste Richard Martineau dans le cadre de l'émission «Les Francs-Tireurs» à Télé-Québec, diffusée mercredi soir, M. Boisclair a affirmé qu'il avait eu des informations priviligiées, quelques années après la campagne électorale de 2007, à l'effet que l'ADQ avait orchestré la fameuse charte. Il a dit détenir ces informations de proches de Mario Dumont.

«J'ai su, et là, j'engage ma parole et ce qu'on m'a dit, des gens près de Mario Dumont m'ont dit, à moi, plusieurs années après l'élection : 'tu sais très bien, André que cette histoire-là, c'est une histoire commanditée par l'ADQ, payée et organisée par l'ADQ'.»,

«Je revois encore cette personne me dire: 'André, comment ça se fait que Hérouxville est arrivé peu de temps avant la campagne électorale?»

Invité à préciser ses propos, M. Boisclair ne s'est pas défilé.

«Je dis que l'histoire d'Hérouxville, la gang qui est sortie et qui a écrit sa charte et ainsi de suite, a été payée et commanditée par l'Action démocratique du Québec. Et je pèse chacun des mots que je prononce ici aujourd'hui.»

«Ils ont 'callé la shot' à la veille d'une campagne électorale, et je me suis fait dire par cette personne proche de Mario Dumont: 'André, voyons tu le savais'», a renchéri M. Boisclair, qui a confié que la controverse entourant Hérouxville est la seule fois où il a eu «un haut-le-coeur au sujet de la politique».

Avant même que l'émission ne soit diffusée, mais après la parution d'un extrait de l'entrevue, Jean-Nicolas Gagné, ancien attaché de presse de Mario Dumont, a carrément nié les allégations de l'ancien leader péquiste.

«Pour moi et pour les gens à qui j'ai parlé aujourd'hui, c'est tout à fait farfelu et c'est fabulatoire», a-t-il lancé en entrevue à La Presse Canadienne.

«En aucun cas on a financé ou commandité, de quelconque façon, le code de vie d'Hérouxville. On n'avait aucun contact avec les gens d'Hérouxville, aucun contact avec le conseil municipal. Je discutais cet après-midi avec Mario Dumont et on avait de la difficulté à se rappeler si on a déjà connu quelqu'un à Hérouxville de toute façon. Il n'y a eu aucun contact avec ces gens-là, à aucun moment avant et même pas après la sortie du code de vie», a répété M. Gagné.

Celui-ci a dit espérer que M. Boisclair précise sa pensée, d'autant plus, note M. Gagné, que l'ADQ avait pris position sur l'épineuse question des accomodements raisonnables avant la publication du code de vie de Hérouxville.

«Je ne vois pas comment il peut soutenir ça éternellement. D'après moi, il va devoir admettre qu'à la limite, c'est un malentendu parce que en aucun moment, on a eu un lien avec les gens d'Hérouxville. Ils ont fait ça de leur propre chef, et je pense même que M. (André) Drouin (ancien maire de Hérouxville) le confime sur différentes tribunes aujourd'hui. De plus, rappelez-vous qu'en 2007, au moment où est sorti le code de vie de Hérouxville, l'ADQ s'était déjà positionnée dans le débat des accomodements raisonnables. Le positionnement de l'ADQ datait de 2006 et Hérouxville est venu après.»

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