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La pilule du lendemain offerte à des lycéennes new-yorkaises

26/09/2012 07:38 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

NEW YORK, N.Y. - NEW YORK (Sipa) — C'est une campagne sans précédent en terme d'importance: la ville de New York distribue la "pilule du lendemain" à des adolescentes à partir de l'âge de 14 ans dans une cinquantaine d'écoles secondaires, parfois même avant qu'elles n'aient eu leur premier rapport sexuel.

Il s'agit de lutter contre les grossesses chez les adolescentes dans la plus grande ville du pays, mais l'initiative est loin de faire l'unanimité. Pour Valerie Huber, qui préside la National Abstention Education Association, ce projet présuppose que les adolescentes auront de toute façon des relations sexuelles, et qu'elles approuvent ce style de vie.

Des médecins plaident cependant pour que cet exemple soit généralisé. Selon le Dr Cora Breuner, membre d'un comité sur la santé des adolescents de l'American Academy of Pediatrics, les moyens contraceptifs d'urgence sont efficaces "s'ils sont utilisés rapidement". "Cela permet de soulager ou de consoler une jeune femme ou un homme qui a fait une erreur, mais ne veut pas vivre avec cette erreur toute sa vie", a-t-elle ajouté.

Cette "pilule du lendemain" est efficace à environ 90% pour empêcher une grossesse si elle est prise dans les 72 heures suivant un rapport sexuel non protégé.

Peu connu, le programme new-yorkais a été mis en place au sein de la médecine scolaire d'une quarantaine d'écoles il y a environ quatre ans. Depuis janvier 2011, il est entré en vigueur dans 13 écoles supplémentaires qui ne disposent pas de service de santé.

Des infirmières ou des médecins proposent la pilule, et les parents réfractaires peuvent signer un formulaire stipulant que leurs filles ne participent pas au programme. Seuls 1 à 2% des parents se sont opposés au projet, selon le département new-yorkais de la Santé.

Ce programme est destiné à faire reculer des statistiques alarmantes: plus de 7.000 New-Yorkaises de 15 à 17 ans tombent enceintes chaque année. Plus des deux tiers de ces grossesses font l'objet d'un avortement. "Nous sommes déterminés à tenter de nouvelles méthodes (...) pour améliorer une situation qui a des conséquences pour toute la vie", soulignent dans un communiqué les services de santé de la ville.

Felicia Regina, présidente d'une association de parents d'élèves dans un lycée de Staten Island, a deux adolescents, l'un au collège et l'autre au lycée. Elle n'a jamais entendu d'objections de la part des autres parents. "Je pense que c'est une bonne idée. Les enfants d'aujourd'hui ne vont pas s'abstenir de toute relation sexuelle".

Mais Mona Davids, elle aussi présidente d'une organisation de parents à New York, est opposée au programme. Elle a une fille dans un lycée où la "pilule du lendemain" n'est pas proposée. Elle plaide pour la mise en place d'un formulaire pour s'inscrire au programme, et non l'inverse, comme actuellement, avec un formulaire de désengagement. "Lorsque votre fille part en voyage scolaire, n'avez-vous pas dû signer un formulaire pour accepter sa participation à ce voyage?"

Les écoles new-yorkaises, comme dans d'autres villes américaines, proposent déjà la pilule contraceptive, des préservatifs et d'autres moyens de contraception. Mais la contraception d'urgence est particulièrement controversée. Si la pilule du lendemain bloque l'ovulation, elle empêche également un embryon de s'implanter dans l'utérus. Or, les opposants à l'avortement considèrent que la vie commence dès la conception.

L'an dernier, l'administration Obama s'était opposée à ce que la pilule soit mise à la disposition des clients dans les pharmacies. Le contraceptif est délivré sur ordonnance aux jeunes filles de moins de 17 ans, et sans prescription pour les femmes plus âgées.

Au moins un lycée de Los Angeles, au fort taux de grossesses adolescentes, propose également la contraception d'urgence dans le cadre d'un partenariat avec le planning familial.

Les plus récentes données gouvernementales font état de 82 grossesses pour 1.000 adolescentes à New York en 2008, mais de 73 cas par 1.000 adolescentes en 2010.

ir/AP-v761

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