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Grève générale et accrochages en Grèce

26/09/2012 08:04 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

ATHÈNES, Grèce - Des affrontements ont éclaté mercredi à Athènes, où des dizaines de milliers de Grecs ont manifesté dans le cadre de la première journée de grève générale contre les mesures d'austérité depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement de coalition, en juin.

La présence de milliers de policiers déployés dans le centre de la capitale grecque n'a pas empêché les violences près du Parlement à l'issue de la manifestation, qui avait réuni près de 50 000 personnes. La police antiémeute a lancé des gaz lacrymogènes pour disperser les casseurs.

Les pharmaciens, les douaniers, en passant par les instituteurs et les mécaniciens, ont participé au mouvement. «Peuple, bats-toi, ils boivent ton sang», scandaient certains participants, accompagnés par des tambours.

La grève générale convoquée à l'appel des syndicats grecs, qui dénoncent les nouvelles mesures d'austérité exigées par les bailleurs de fonds internationaux du pays, a paralysé les traversiers, les avions et les transports en commun. Le site de l'Acropole et les écoles étaient fermés et les hôpitaux fonctionnaient au ralenti.

Un employé en grève de l'hôpital d'Athènes, Alkis Betses, a expliqué que son salaire était déjà passé de 1300 euros à 800 euros, et risquait de chuter à 600 euros avec les nouvelles réductions annoncées par le gouvernement. «Comment peut-on survivre avec 600 euros par mois, avec des impôts sans cesse en augmentation tout en payant ses factures et en achetant le minimum vital?», a-t-il dénoncé.

Il a souligné que les hôpitaux étaient durement touchés par les mesures d'austérité, avec des réductions de personnel et des retards de paiement des heures supplémentaires des médecins. «Le ressentiment était présent bien avant les nouvelles mesures. Imaginez ce qui va se passer quand elles vont être rendues publiques», a dit M. Betses.

La Grèce dépend de deux prêts internationaux depuis mai 2010 pour éviter la faillite et une éventuelle sortie de la zone euro. Le gouvernement tente de finaliser un plan de coupes budgétaires de 11,5 milliards d'euros, exigé par ses bailleurs internationaux pour obtenir la suite des versements des prêts d'urgence. Parmi ces mesures d'économie, les salaires devraient être réduits et l'âge de départ à la retraite repoussé de 65 à 67 ans. La prochaine tranche du prêt s'élève à 31 milliards d'euros.

Le ministre des Finances, Yannis Stournaras, et le premier ministre Antonis Samaras ont établi un accord sur le nouveau plan d'austérité de 11,5 milliards d'économies pour 2013-14, en plus des 2 milliards de recettes fiscales supplémentaires, a précisé mercredi un responsable du ministère des Finances.

Le premier ministre grec devrait présenter ses mesures aux deux autres responsables des partis de la coalition gouvernementale jeudi.

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