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France: Montpellier suspecté de trucage, le club défend "son honneur"

26/09/2012 09:42 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

Le président de Montpellier, leader du handball français depuis 15 ans, a reconnu mercredi avoir été entendu sur des soupçons de match truqué en mai, sur fond de paris sportifs, tout en défendant l'honneur du club et la présomption d'innocence des joueurs.

Une source judiciaire avait confirmé mardi soir des informations de la chaîne de télévision France 3 selon lesquelles une instruction était en cours à Montpellier dans cette affaire et que des joueurs, dont certains piliers de l'équipe de France championne olympique, ainsi que certains de leurs proches, seraient entendus prochainement.

Rémy Lévy, avocat de profession et président de Montpellier Agglomération Handball (MAHB), interrogé par le quotidien Midi Libre, a reconnu que lui même et l'entraîneur général du club Patrice Canayer avaient été entendus par les policiers du SRPJ de Montpellier en charge de l'enquête, sans entrer dans les détails.

Dans un communiqué, le président du MAHB a annoncé mercredi matin que le club allait se constituer partie civile: "Devant le grave préjudice qui lui est occasionné, ainsi qu'à l'ensemble de ses salariés, partenaires, bénévoles et supporteurs, le MAHB va prochainement se constituer partie civile dans le cadre de l'information ouverte ou à ouvrir" dans cette affaire, précise le texte.

"Joueurs au courant de la réglementation"

"Tous les joueurs du club sont bien sûr au courant de la réglementation sur les paris sportifs et sur la stricte interdiction qui leur est faite d'y participer, de quelque manière que ce soit. Les conclusions en seront donc tirées par le club en fonction du résultat de cette procédure à venir", ajoute Me Rémy.

Les soupçons portent sur le match perdu 31-28 le 12 mai par Montpellier, alors assuré de remporter son 13e titre en 15 saisons, dans la salle des Bretons de Cesson-Sévigné, alors 8e au classement.

L'information judiciaire fait suite à une enquête préliminaire ouverte en mai après que la Française des Jeux (FDJ) eut signalé des paris sportifs "anormaux" sur cette rencontre.

A l'époque, la FDJ avait évoqué "des montants quatre ou cinq fois supérieurs à ce qu'on pouvait attendre" pour un tel match, ayant engendré des gains de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Outre le match de handball, la FDJ avait aussi relevé des paris suspects sur la rencontre de D2 de football Lens-Istres du 11 mai, qui font l'objet d'une enquête du parquet de Béthune (Nord).

Valeurs bousculées

Selon une source proche du dossier, dans le cas du handball, la FDJ a enregistré des mises importantes à la mi-temps de la rencontre, prévoyant une défaite de Montpellier, alors privé de ses cadres Nikola et Luka Karabatic, Mladen Bojinovic, Vid Kavticnik et Samuel Honrubia, tous blessés.

D'après France 3, la police a découvert que des épouses ou compagnes de joueurs et de membres de l'environnement du club ont pris ces paris dans trois bureaux de tabac en région parisienne, en Bretagne et près de la capitale héraultaise.

Gilles Soulié, patron du SRPJ de Montpellier, n'a pas fait de commentaires.

La révélation de cette affaire intervient alors que l'équipe de Montpellier se trouve en Allemagne depuis mardi pour son entrée en lice en Ligue des champions contre Flensburg jeudi. Elle doit jouer ensuite dimanche à Paris face au PSG, pour le premier choc du Championnat de France.

La ministre des Sports, Valérie Fourneyron, a salué dans un communiqué "la vigilance de la Française des Jeux".

"Aucun pays ni aucun sport n'est à l'abri des risques de fraude liés aux matches truqués. La France est totalement mobilisée pour lutter contre cette menace majeure, avec des systèmes d'alerte qui ont montré leur efficacité tant dans les réseaux physiques que dans les réseaux de paris en ligne", a estimé la ministre, souhaitant que l'Europe se dote "d'outils juridiques contraignants".

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