Il s'agit d'une campagne sans précédent en termes d'importance et de zèle : la Ville de New York distribue la « pilule du lendemain » à des adolescentes âgées d'aussi peu que 14 ans dans plus de 50 écoles secondaires, parfois même avant qu'elles n'aient eu de relations sexuelles.

Ces efforts pour lutter contre les grossesses chez les adolescentes dans la plus grande ville des États-Unis contrastent fortement avec la vision des politiciens et des administrations scolaires des régions les plus conservatrices du pays.

La présidente de la National Abstention Education Association, Valerie Huber, déplore l'initiative, affirmant que le projet présuppose que les adolescentes auront de toute façon des relations sexuelles, et qu'elles appuient ce style de vie.

Certains médecins soutiennent toutefois que davantage d'écoles devraient suivre l'exemple de New York.

Selon la Dre Cora Breuner, membre d'un comité sur la santé des adolescents de l'American Academy of Pediatrics, les moyens contraceptifs d'urgence sont sécuritaires et efficaces « s'ils sont utilisés rapidement », tout en permettant d'effacer « une erreur » commise par un homme ou une femme.

Le programme new-yorkais a été mis en place dans les cliniques de santé d'environ 40 écoles de ce système d'un million d'élèves il y a environ quatre ans. Depuis janvie 2011, il est entré en vigueur dans 13 écoles additionnelles qui ne disposent pas de centres médicaux. Le programme peu connu a fait l'objet d'un article, dimanche dernier, dans le New York Post.

Des infirmières ou des médecins offrent la pilule, et les parents peuvent signer un formulaire pour que leurs filles ne participent pas au programme. Seuls de 1 à 2 % des parents ont rempli ledit formulaire, selon le département new-yorkais de la Santé.

Le programme est vu comme une méthode visant à réduire des statistiques alarmantes : plus de 7000 New-Yorkaises de 15 à 17 ans tombent enceintes chaque année. Plus des deux tiers de ces grossesses font l'objet d'un avortement.

Les plus récentes données faisaient état de 82 grossesses par 1000 adolescentes à New York en 2008, mais de 73 cas par 1000 adolescentes en 2010.

Associated Press