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26/09/2012 08:28 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

Double attentat contre le siège de l'état-major à Damas, violents combats

Un double attentat a frappé mercredi le complexe de l'état-major en plein coeur de Damas, suivi par des combats entre rebelles et forces du régime d'une intensité sans précédent depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad, selon une ONG syrienne.

Ces violences, qui ont fait plusieurs morts dont un journaliste syrien travaillant pour une chaîne iranienne, interviennent au lendemain de l'ouverture à New York de l'Assemblée générale de l'ONU.

Evoquant le conflit en Syrie, le secrétaire général de l'organisation Ban Ki-moon y a déploré un "désastre régional avec des implications mondiales".

A la suite de l'attentat mercredi matin, l'armée syrienne a affirmé que "tous les commandants et les officiers militaires" étaient "sains et saufs". Les explosions ont visé le siège de l'état-major, à quelques mètres de la place fortifiée des Omeyyades dans une zone où il y a de nombreux bâtiments gouvernementaux et de sécurité.

"Les groupes terroristes armés affiliés à l'étranger" ont fait "exploser une voiture piégée et une bombe aux abords du siège de l'état-major", a indiqué l'armée dans un communiqué ne faisant pas état de combats mais de "tirs sans discernement" autour du siège "pour terroriser les civils".

Depuis le début de la révolte contre le régime d'Assad, en mars 2011, qui s'est transformée en guerre civile, les autorités qualifient les rebelles de "terroristes" soutenus par l'étranger. Les violences ont fait plus de 30.000 morts en 18 mois, selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cette ONG, basée au Royaume uni et qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins, a fait état de violents combats entre rebelles et militaires à l'intérieur du siège de l'état-major, parlant de morts dans les deux camps, suite à ces explosions, survenues pourtant dans une zone ultra-sécurisée.

Selon Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, il s'agit des "combats les plus violents au coeur de Damas depuis le début de la révolte et de l'attentat le plus important dans la capitale depuis celui du 18 juillet" qui avait visé le bâtiment de la Sécurité nationale et tué quatre hauts responsables de la Sécurité, dont le beau-frère du président Bachar al-Assad.

L'attaque avait été revendiquée par l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes.

Le haut commandement militaire "frappé en son coeur" ----------------------------------------------------

"Quand il y a des explosions et des combats à l'intérieur même de l'état-major, cela veut dire que c'est le haut commandement militaire en Syrie qui est frappé au coeur", a ajouté M. Abdel Rahmane.

La page Facebook du conseil militaire rebelle pour la région de Damas a rapporté que les rebelles de "l'ASL ont frappé le bâtiment de l'état-major". Il était impossible de vérifier dans l'immédiat cette annonce.

Toutes les routes menant au centre-ville ont été coupées par les services de sécurité, a constaté un photographe de l'AFP sur place qui a fait état d'importantes destructions.

Les vitres du siège de l'état-major étaient brisées et une partie du mur d'enceinte a été détruite dans les attaques qui ont créé un cratère de deux mètres de profondeur à l'extérieur du complexe militaire.

L'OSDH a parlé d'une "trentaine d'ambulances" à s'être rendues sur place.

Alors qu'ils couvraient les explosions, un journaliste syrien de la chaîne de télévision iranienne anglophone Press TV, Maya Nasser, a été tué par un sniper et le chef du bureau à Damas de cette même chaîne, Hussein Mortada, un Libanais, a été blessé par balles, selon Press TV et la chaîne arabophone Al-Alam, dont M. Mortada est également le chef de bureau à Damas.

Le directeur de l'information de Press TV Hamid Reza Emadi a précisé à l'AFP que Nasser avait été tué alors qu'il faisait un direct.

"Nous tenons la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar responsables de l'assassinat de notre correspondant (dans la mesure où) ils fournissent des armes aux insurgés", a-t-il accusé.

Les deux chaînes sont financées par le gouvernement iranien, un fidèle allié du régime de Bachar al-Assad dans sa guerre contre la rébellion.

Toujours dans la capitale, au moins 16 personnes, dont six femmes et trois enfants, ont été exécutées chez eux par des miliciens pro-régime dans le quartier sunnite de Barzé (nord), selon l'OSDH.

Dans le nord-ouest du pays, les forces du régime ont lancé ces derniers jours une vaste campagne d'arrestations dans la ville côtière de Banias, interpellant 68 personnes dont trois enfants et 25 femmes, a rapporté l'OSDH.

Elles ont été menées à l'instigation de trois hauts officiers de sécurité sunnites pour prouver leur loyauté au régime alaouite dont est issu le président Assad, selon l'OSDH.

Mardi, 217 personnes, dont 136 civils, ont péri dans les violences à travers le pays, selon l'OSDH.

Les nouvelles violences dans la capitale, où des combats se déroulent depuis la mi-juillet, interviennent au lendemain de l'appel du Qatar, chef de file des pays critiques de Damas, à une intervention militaire de pays arabes en Syrie.

Pour sa part, le président américain Barack Obama a déclaré que le régime Assad devait "prendre fin" estimant que "l'avenir ne doit pas appartenir à un dictateur qui massacre son peuple".

bur-ram/vl/sw

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