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USA: le chef de l'Institut du cancer déplore le recul des fonds de recherche

25/09/2012 02:45 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

Le directeur de l'Institut américain du cancer, le Dr Harold Varmus, a déploré mardi la forte baisse des fonds publics à la recherche qui pénalise les avancées dans la lutte contre la maladie et risque de faire perdre aux Etats-Unis leur prééminence scientifique mondiale.

"Si on prend en compte l'inflation, le budget réel du National Cancer Institute (NCI) est équivalent à celui de 2001, soit une baisse de 20%", a-t-il déclaré lors d'une présentation au Club National de la Presse de Washington.

Le NCI, partie des Instituts nationaux de la Santé (National Institutes of Health/NIH), a un budget annuel de 5,5 milliards de dollars.

Ce montant représente environ 1/6e de l'enveloppe annuelle allouée actuellement aux NIH, qui se monte à 31 milliards et stagne face à la crise du déficit budgétaire américain.

"Avec la croissance rapide de la communauté bio-médicale et l'augmentation des coûts, conséquence des avancées technologiques, le taux de succès des fonds alloués par le NCI à la recherche est tombé à un bas niveau record de 14%, contre 35% durant les années d'abondance budgétaire", a précisé le Dr Varmus, co-lauréat du Nobel de médecine.

Pour l'ensemble du NIH --plus grande institution publique de recherche au monde--, le taux de succès n'est plus que de 17%, a-t-il dit.

"Ironiquement cette baisse des fonds se produit à un moment où les possibilités scientifiques dans tous les champs de recherche médicale, pas seulement pour le cancer, sont remarquablement grandes en partie en raison des investissements fait dans le passé", a souligné le patron du NCI.

Il a notamment cité la meilleure compréhension des mécanismes biologiques du cancer grâce aux résultats du projet du génome humain.

"En raison de cette discordance entre les promesses de la science et l'incapacité de les financer, l'écosystème biomédical (aux Etats-Unis) connaît des difficultés inhabituelles", a expliqué le Dr Vamus.

"Il y a aussi davantage d'investissement dans la recherche médicale dans d'autres pays qui offrent un environnement plus stable et de ce fait nous risquons de perdre notre rôle dominant au profit de l'Europe et de certains pays en Asie", a-t-il prévenu.

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