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Un ancien prisonnier infecté à l'hépatite C poursuit le gouvernement fédéral

25/09/2012 04:19 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

OTTAWA - Un ancien prisonnier, qui a été infecté à l'hépatite C, poursuit le gouvernement fédéral relativement à son refus de permettre les échanges de seringues propres à l'intérieur des prisons.

Steven Simons, qui a passé 12 ans derrière les barreaux, a le soutien de plusieurs organisations de lutte contre le VIH/SIDA dans une poursuite contre le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, le Service correctionnel du Canada et son commissaire.

La poursuite soutient que le gouvernement a arbitrairement négligé la santé des prisonniers en ce qui concerne l'échange de seringues propres dans les prisons.

«L'interdiction absolue de matériel d'injection stérile est arbitraire et exagérément disproportionnée à l'objectif légitime de restreindre la consommation de drogues illicites au sein du système correctionnel», peut-on lire dans la requête de 13 pages.

Elle indique que la loi compromet de façon disproportionnée la liberté et la santé des personnes présentant des dépendances aux drogues. La poursuite demande également une injonction qui permettrait la mise sur pied d'un programme d'échange de seringues dans les prisons du Canada.

M. Toews et son cabinet ont rapidement rejeté la poursuite, tout en précisant qu'ils ne pouvaient pas commenter un cas particulier devant les tribunaux.

«Notre gouvernement a adopté une politique de tolérance zéro pour les drogues dans nos établissements», a dit M. Toews à la Chambre des communes.

«C'est pourquoi nous avons pris l'engagement, lors de la dernière élection, de mettre sur pied des prisons sans drogue. L'usage de drogues chez les détenus réduit considérablement leurs chances de réhabilitation.»

Une porte-parole de M. Toews a déclaré que le gouvernement a une politique de tolérance zéro pour les drogues en prison, et qu'il ne mettra jamais des armes, y compris les seringues, entre les mains des prisonniers.

La poursuite souligne le fait que les drogues restent présentes dans les prisons canadiennes et que les autorités ont reconnu qu'ils ne pouvaient pas éliminer complètement les problèmes de toxicomanie des prisonniers.

Elle soutient que la loi du gouvernement ne tient pas compte de nombreuses années d'études et de l'expérience d'autres pays dans des cas semblables. Elle ajoute que le Service correctionnel et la Sécurité publique du Canada «ne se basent sur aucune preuve, affirmant simplement qu'ils abordent le problème de la drogue en prison avec une politique de tolérance zéro».

«Comme la Cour suprême nous l'a rappelé dans l'affaire Insite (un site d'injection supervisé à Vancouver) nous devons prendre ces décisions fondées sur des preuves et non sur des suppositions», a déclaré le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair.

«Je pense que nous devons protéger les vies humaines, que ce soit les gens qui travaillent dans ces prisons qui sont en contact avec les détenus ou vice-versa.»

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