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Prêt-à-porter parisien: l'érotisme assumé de Lopes, voilé chez Guillarmé

25/09/2012 02:51 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

PARIS - Créatures sylvestres chatoyantes échappées d'un paradis tropical chez Fatima Lopes ou héroïnes antiques en mousselines et soies poudrées chez Christophe Guillarmé: les premiers défilés parisiens de prêt-à-porter du printemps/été prochain, qui ont démarré en douceur mardi, ont oscillé pour cette première journée entre érotisme assumé et érotisme voilé.

Fidèle du calendrier parisien, la Portugaise Fatima Lopes a rouvert les albums photo de son enfance à Madère. À son île natale, elle emprunte les couleurs tranchées: bleus roi, verts tendre, pistache, qu'elle oppose aux noirs profonds en de savantes applications d'imprimés colorés sur le jersey uni.

Ces kaléidoscopes empruntés à l'enfance se découpent en volutes depuis les épaules, largement dénudées jusqu'aux hanches, avant de s'évanouir dans les longueurs, évoquant autant des ailes d'oiseaux de paradis que de chatoyantes floraisons d'orchidées ou d'hibiscus. Le thème végétal est d'ailleurs omniprésent: des tiges vert absinthe zèbrent une robe bustier de mousseline noire, de larges feuilles dentelées et nervurées vert gazon dégoulinent sur les hanches, évoquant plutôt une jungle luxuriante qu'un rocher perdu en Méditerranée.

Point fort de la collection: la coupe Lopes, aussi radicale qu'elle est effrontément sexy, en verticales et en diagonales. Ici, un boléro de taffetas noir à effet collet-monté joue l'austérité. Là, des soufflets travaillés en millefeuille courent le long de la couture d'un nouveau pantacourt de soie sauvage. Seules courbes tolérées sur ces silhouettes architecturales et tout en asymétrie, des cache-coeur sinueux de satin qui ne cachent pas grand-chose mais s'ouvrent en plongée jusqu'au nombril et se portent pour déambuler sur les plages de sable fin avec un hybride entre le micro-short et la culotte brésilienne de fin jersey de soie noire.

Rompant avec ses silhouettes habituées à hanter les tapis rouges, le créateur parisien Christophe Guillarmé a renoué avec la candeur éthérée de vestales qui viendraient d'assister la Pythie au déchiffrement de quelques oracles.

Baignant dans un flou artistique emprunté au photographe David Hamilton, ces sylphides déambulent en robes sirène rose poudré rebrodées de paillettes irisées renvoyant la lumière. En robe de mousseline bois de rose, elles invitent aux songes prometteurs d'un avenir nimbé de mystère.

Quelque mini-robes de jersey de soie, rouge «lipstick» ou bois de rose encore, évoque plutôt le «home wear», ces tenues confortables entre lingerie et linge de nuit, dont se délectaient les riches oisives n'ayant rien d'autre à faire que s'habiller pour recevoir, en tenue décontractée.

Perche tendue à une clientèle moyen-orientale qui en est résolument friande, des robes sirène, rebrodées de sequins mats ou brillants s'estompant sur des nuages de tulle font mouche.

Des bustiers, un peu surdimensionnés, sont essaimés de broderies de quartz, de strass, de cristaux ou de cabochons évoquant parterres et rocailles.

Des pampilles mordorées dansent sur des épaulettes, des brins de plumes et de guipure émergent au détour d'un bustier. Plus loin, quelques fleurs écrues découpées au Laser ont comme poussé sur une mini gandoura en satin de soie stretch. Sans doute la plus jolie pièce, une longue robe sirène en tulle entièrement rebrodée de paillettes or évoque aussitôt d'autres prêtresses, cette fois égyptiennes.

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