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25/09/2012 12:36 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

Obama et Romney exposent leur vision de la politique étrangère américaine

NEW YORK, États-Unis - Les deux candidats à l'élection présidentielle américaine présentaient mardi leur vision de la politique étrangère à quelques heures d'intervalle.

Mieux noté par les électeurs sur la diplomatie, le président sortant Barack Obama s'est efforcé de conforter sa position devant l'Assemblée générale de l'ONU, avant d'enfoncer le clou à la réunion annuelle de la fondation Clinton Global Initiative, où il passait après son rival.

Aux Nations unies, Barack Obama a appelé le monde à s'attaquer aux racines de la colère qui a explosé récemment dans les pays musulmans avec la publication d'extraits du film islamophobe «Innocence of Muslims», et à choisir «entre les forces qui nous éloigneraient et les espoirs que nous portons en commun».

Son rival Mitt Romney, qui s'exprimait à la tribune de la fondation de l'ancien président Clinton, a quant à lui plaidé pour que l'aide américaine à l'étranger serve à entraîner des changements durables dans des pays comme la Libye, et non à soutenir un pays en développement de façon permanente, et à promouvoir le travail plutôt que la dépendance.

Devant un public de responsables étrangers, de chefs d'entreprise et d'organisation gouvernementales, le candidat républicain a souhaité conditionner l'aide à l'ouverture des pays concernés à l'investissement américain et à la levée des barrières commerciales. Il a évoqué des «pactes de prospérité» qui encourageraient la libre entreprise, «fondement de l'économie américaine».

Alors que la campagne présidentielle s'était concentrée jusqu'à maintenant sur l'économie, les questions internationales ont fait irruption dans le débat avec les violentes manifestations antiaméricaines dans des pays musulmans dans la foulée du film islamophobe, qui ont coûté la vie à 51 personnes, dont l'ambassadeur des États-Unis en Libye.

Un drame qui sert d'argument à Mitt Romney pour attaquer Barack Obama sur son leadership à l'étranger, certains républicains ayant même accusé le président d'avoir minimisé la mort du diplomate. Lundi, M. Romney a déploré que le président sortant laisse les événements lui dicter sa politique étrangère, au lieu de réfléchir à une stratégie qui servirait les intérêts américains.

«Je ne peux pas m'imaginer dire que l'assassinat d'ambassadeurs n'est qu'un incident de parcours», a déclaré M. Romney sur la chaîne ABC, faisant référence à une phrase d'Obama la veille sur CBS. Le président avait en effet parlé de la mort de Chris Stevens comme d'un «incident de parcours» sur la voie de la démocratie.

«Quand vous prenez en compte l'ensemble du contexte, l'assassinat, le leader des Frères musulmans élu président en Égypte, 20 000 personnes tuées en Syrie, l'Iran sur le point de devenir une puissance nucléaire, ce sont tout sauf des incidents de parcours», a lancé le candidat républicain.

Des accusations «désespérées et choquantes», a réagi le secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Jay Carney. «C'est une tentative du camp républicain pour tenter de reprendre la main dans une campagne serrée qui penche en faveur du président sortant», a-t-il dit.

Barack Obama a répliqué à l'ONU avec un long et vibrant hommage à l'ambassadeur Chris Stevens et en appelant au dialogue plutôt qu'à la violence. Il s'est montré ferme sur le refus de voir l'Iran se doter de l'arme nucléaire, tout en jugeant qu'une solution négociée était encore possible, et a insisté sur la nécessité de conclure la paix au Proche-Orient.

À six semaines de la présidentielle, il a rappelé au passage qu'Oussama ben Laden avait été tué dans une opération qu'il avait ordonnée, que la guerre en Irak était terminée et que l'Afghanistan devrait assurer sa propre sécurité d'ici 2014.

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