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Michael Kors, une griffe américaine en pleine ascension, malgré l'économie

25/09/2012 02:17 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

Depuis son entrée réussie à la Wall Street en décembre, la star américaine du prêt-à-porter haut de gamme à l'optimisme insolent Michael Kors a presque triplé son cours boursier tout en augmentant ses bénéfices, témoignant de la santé du luxe en plein marasme économique.

La marque éponyme du créateur américain, lancée en 1981 et déclinée depuis 2004 en plusieurs lignes, du prêt-à-porter de luxe "Michael Kors" aux deuxièmes lignes, "Michael" et "Kors", plus contemporaines et accessibles, est aussi à l'aise en Bourse que sur les podiums.

La griffe avait ainsi épaté le public new-yorkais, début septembre lors de la semaine de la mode, par son optimisme affiché et tapageur, alliant des vêtements aux imprimés graphiques, à la Mondrian revisité par Yves Saint-Laurent dans les années 1960, à des couleurs éclatantes, rouge et citron, accompagnés d'accessoires chics et audacieux.

Un optimisme qui séduit, puisque Michael Kors a plus que doublé son bénéfice net sur un an au cours de son exercice 2011 achevé fin mars, à 126,1 millions de dollars, sur des ventes de 1,3 milliard de dollars (+62%).

A la Bourse de New York, le titre "KORS" s'est envolé depuis son introduction en Bourse en décembre, passant de 20 dollars à près de 53 dollars aujourd'hui, poussant un groupe d'investisseurs à annoncer mardi son intention de céder pour 1,2 milliard de dollars de titres. Le titre s'est replié mardi de 4,04% par rapport à la veille, à 52,30 dollars.

La capitalisation boursière de Michael Kors, qui se positionne sur le créneau du prêt-à-porter haut de gamme, défriché par son compatriote Ralph Lauren, est valorisée à environ 10,35 milliards de dollars.

"Nous continuons à être profondément impressionnés par les recettes de Michael Kors et par la forte dynamique de la marque", salue Randal Konik, analyste chez Jefferies.

"Clairement, le groupe réussit très bien à augmenter ses parts de marché, en dépit d'un environnement macroéconomique instable, parvenant à générer des bénéfices importants sur ses ventes", poursuit M. Konik.

L'une des grandes forces du groupe, selon les analystes, réside dans son positionnement très axé sur les accessoires (bijoux, montres, lunettes, sacs, chaussures) qui représentent environ 75% de ses ventes, un chiffre que le groupe espère porter à 80%-85%.

Favoriser les accessoires aux dépens des vêtements "devrait assurer au groupe de solides perspectives à l'international et une base plus compétitive et attractive", souligne Oliver Chen, de Citi.

De fait, les sociétés de luxe qui rencontrent le plus grand succès en ces temps de consommation morose parient sur ce secteur, relève Christopher Low, de FTN Financial. Les français "Louis Vuitton, Hermès, et aux Etats-Unis (le grand magasin de luxe) Saks Fifth Avenue ou Tiffany s'en sortent tous bien", note-t-il.

Revendiquant une présence dans 74 pays, la marque compte 191 points de vente en Amérique du nord et 46 à l'international, notamment en Europe et au Japon.

"Nous nous attendons à ce que Michael Kors continue de dépasser le marché au vu de la qualité supérieure de ses produits, de son positionnement stylistique adéquat, (...), de sa griffe aisément identifiable et de sa capacité peu commune à capitaliser sur la lumière des podiums", continue l'analyste de Citi.

De la starlette américaine Kim Kardashian, dont les dernières photos en maillot de bain blanc et or Michael Kors font le tour des réseaux sociaux ces jours-ci, à la robe du soir noir asymétrique portée par la Première dame des Etats-Unis, Michelle Obama, lors d'un gala à Washington samedi, les icônes de mode américaines semblent lui donner raison.

ppa/sl/are

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