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Marie-Christine Bernard : <i>Autoportrait au revolver</i>

25/09/2012 05:19 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

La couverture du plus récent livre de Marie-Christine Bernard, lancé mardi soir au Saguenay-Lac-Saint-Jean, promet de faire parler. Inspirée du Christ crucifié de Diego Vélasquez, l'illustration de François Escalmel montre un Christ sur une croix, un révolver à la main, une blessure.

L'auteure se défend bien de faire dans la provocation, au contraire. Elle rappelle que la crucifixion représente la douleur du monde entier. Une douleur et une souffrance que tout le monde ne peut supporter. « C'est une référence à l'un de mes personnages principaux, artiste peintre, qui a fait son autoportrait. C'est aussi un tableau qui m'a toujours bouleversée. J'imaginais cette main qui s'était déclouée et cette souffrance qui nous emprisonne. On ne voit qu'une issue pour s'en échapper. »

Marie-Christine Bernard souligne que l'illustrateur a exactement reproduit l'image qu'elle avait en tête. Elle espère que ça poussera les lecteurs à aller plus loin et à ouvrir le roman. « J'ai hâte de voir la réaction des gens. J'ai suivi ce qui s'est passé avec la revue Charlie Hebdo et j'ai été marquée par la caricature de Chapleau d'un Christ qui se plaint de ne pas être assez caricaturé. On sent le fossé entre les deux attitudes sur l'iconographie religieuse. »

Des personnages enfermés dans leur souffrance

Dans Autoportrait au révolver, plusieurs personnes se côtoient : Jude, un artiste peintre enfermé dans sa maladie mentale, Angelique qui souffre d'obésité, Ringo, le grand-père atteint d'alzeihmer qui croupit dans une maison de retraite, un vieux concierge autochtone enfermé dans sa condition sociale. « Ces personnages sont prisonniers d'une maladie, de leur corps, d'une situation qu'ils ne contrôlent pas. Ces enfermements sont parfois le résultat de ce qui s'est passé dans nos vies, parfois avant, dans la vie de nos parents. »

Dans ce roman qui peut paraître triste et sombre, l'écrivaine s'est permis des brèches de lumière. Elle cite Leonard Cohen en exergue de son roman : « There's a crack in everything. That's how the light gets in. » (Il y a une brèche dans tout. C'est ainsi que la lumière peut entrer.)

Une histoire qui s'accompagne en musique

Outre ces personnages enfermés dans leur souffrance, en flash-back, on suit les grands-parents de Jude qui ont un groupe de musique country et qui vont à Nashville. Est-ce que la musique représente cette lumière? Marie-Christine Bernard laisse planer le mystère, mais raconte qu'elle a inclus une liste de pièces musicales en fin de livre pour inspirer le lecteur.

« Pour que mes personnages soient crédibles, j'ai fait beaucoup de recherches sur la musique country de la fin des années 60, j'ai donc voulu partager mes coups de coeur avec les lecteurs. »

Elle ajoute qu'elle a aussi laissé beaucoup de place au silence dans ce roman.

Autoportrait au revolver est publié aux Éditions Hurtubise. Professeure de lettres au Collège d'Alma, Marie-Christine Bernard est originaire de la Gaspésie. Elle a aussi écrit Mademoiselle Personne, Monsieur Julot , Sombre peuple et, en littérature jeunesse, Les mésaventures de Grossepasfine.

Elle sera présente au Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui ouvre ses portes le jeudi 27 septembre.

Une rencontre de Cécile Gladel

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