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Les islamistes du nord du Mali sont de plus en plus répressifs, selon HRW

25/09/2012 10:20 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

BAMAKO, Mali - Les islamistes radicaux qui ont pris le contrôle du nord du Mali deviennent «de plus en plus répressifs», selon un rapport de l'organisation Human Rights Watch publié mardi.

Les islamistes ont amputé les membres des voleurs, fouetté des gens en pleine rue et lapidé un couple accusé d'adultère. Dans leur volonté d'appliquer la loi islamique, ils ont également interdit l'alcool, les cigarettes et les sonneries de téléphones portables autres que des lectures de versets du Coran.

Les femmes qui ne couvrent par leur tête d'un foulard ou qui portent des bijoux ou du parfum risquent des châtiments, dénonce Human Rights Watch (HRW).

«Les groupes islamistes armés sont de plus en plus répressifs, alors qu'ils assoient leur emprise sur le nord du Mali», déplore Corinne Dufka, chargée de l'Afrique au sein de l'organisation. «Les lapidations, les amputations et les flagellations sont devenues quotidiennes, dans leur tentative de contraindre la population locale à accepter leur vision du monde.»

Au moins huit amputations ont été recensées par HRW dans le nord du Mali depuis que les islamistes ont pris le pouvoir de la région, au début de l'année. Pour réaliser son rapport, l'organisation a interrogé plus d'une centaines de personnes, des victimes, des témoins et des responsables religieux.

Les groupes islamistes qui contrôlent le nord du Mali, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et Ansar Dine, ont pris le contrôle de la région en tirant profit de la désorganisation des forces de sécurité après le coup d'État du mois d'avril à Bamako, la capitale.

D'après des témoins, la plupart des chefs islamistes viennent de pays voisins comme la Mauritanie, l'Algérie, le Sénégal, le Tchad et la Tunisie, note HRW. Ils ont également enrôlé des enfants pour renforcer leurs rangs, selon l'organisation.

Plus de 500 000 personnes ont quitté la région à cause du conflit, et les organisations non gouvernementales peinent à atteindre les personnes ayant besoin d'assistance à cause des problèmes de sécurité.

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