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25/09/2012 08:54 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

L'armée syrienne reprend un grand quartier d'Alep, ville clé dans le conflit

Le régime de Bachar al-Assad a annoncé mardi la reprise d'un grand quartier d'Alep, ville stratégique dans le conflit en Syrie dont la situation désespérée après 18 mois de violences va être évoquée à l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi, de retour de Syrie, a qualifié lundi devant le Conseil de sécurité de l'ONU la situation d'"extrêmement grave" estimant qu'elle se détériorait de jour en jour.

"Il n'y a pas de progrès en vue aujourd'hui ou demain" pour un règlement du conflit, a-t-il lancé, faisant état d'une crise alimentaire croissante et de prisonniers subissant des "formes médiévales de torture", dans un discours pessimiste reflétant la situation sur le terrain.

La 67e session de l'Assemblée de l'ONU doit s'ouvrir dans l'après-midi, en présence de dizaines de chefs d'Etat, dont le président américain Barack Obama. Parmi les dossiers sensibles abordés figure celui de la Syrie où plus de 29.000 personnes ont été tuées dans les violences depuis mars 2011.

Aucune décision majeure n'est attendue, le dossier étant bloqué au Conseil de sécurité, en raison de l'opposition de Pékin et Moscou, fidèles alliés du régime, à des sanctions contre Damas.

Cette réunion intervient alors que combats et bombardements font rage dans une grande partie du pays, notamment à Alep, deuxième ville de Syrie dont la prise de contrôle est un enjeu crucial pour les rebelles comme pour les forces fidèles à M. Assad.

Le régime a annoncé mardi la reprise du grand quartier d'Arkoub dans l'est d'Alep. Une source militaire a affirmé à un correspondant de l'AFP sur place que "les opérations militaires sont terminées à Arkoub" et que "des perquisitions de maison en maison sont en cours".

Les médias officiels, citant également une source militaire, ont évoqué "la purification de la région d'Arkoub des terroristes", terme désignant les rebelles dans le vocable du régime.

Néanmoins, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG se basant sur un vaste réseau de militants, a rapporté que de violents combats se poursuivaient toujours dans la zone. Le correspondant de l'AFP a également entendu des tirs sporadiques en provenance de cette zone.

"L'armée ne m'a pas laissé entrer" ce matin, a indiqué un homme de 37 ans, qui possède un magasin sur la principale artère du quartier. "Ce magasin est tout ce que j'ai dans la vie, s'il est détruit, je vais quitter le pays".

Mardi, 25 personnes ont trouvé la mort à travers le pays, dont une fillette tuée par des tirs des forces syriennes sur la route nationale entre Damas et Alep, selon l'OSDH. Cent seize personnes avaient péri lundi, dont 12 enfants.

Une organisation internationale de défense des enfants, "Save the children", basée au Royaume-Uni, a averti que de nombreux enfants syriens, témoins de meurtres, tortures et autres atrocités, étaient "traumatisés" par le conflit.

L'ONG a publié des "témoignages choquants" recueillis dans des camps de réfugiés aux frontières de la Syrie, montrant que "des enfants ont été la cible d'attaques brutales, ont vu mourir leurs parents, frères, soeurs et d'autres enfants, ou été témoins voire victimes de tortures".

Depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad, qui s'est militarisé face à la répression, 2.000 enfants ont été victimes des violences, d'après l'OSDH.

Sur le terrain, mardi, de puissantes explosions ont secoué dans la matinée une administration militaire, faisant des blessés, au début de la route menant à l'aéroport de Damas, a rapporté l'OSDH.

"Les explosions étaient tellement puissantes que des murs d'enceinte se sont écroulés", a précisé le président de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Dans la région de Homs, dans le centre, le bastion rebelle de Qousseir a été bombardé par l'armée, et des combats violents se déroulaient dans plusieurs secteurs, la région de Deir Ezzor (est) était également cible de bombardements.

Un dirigeant rebelle, le colonel Kassem Saadeddine, est sorti indemne d'une tentative d'assassinat par les forces pro-régime, à Salmiyé, dans la province de Hama (centre), a affirmé mardi à l'AFP un responsable de l'Armée syrienne libre (ASL).

Cette dernière, formée de déserteurs et de civils ayant pris les armes, a annoncé samedi le transfert de son commandement central de la Turquie, où il est installé depuis plus d'un an, vers la Syrie.

Sur le plan politique, le président égyptien Mohamed Morsi s'est dit "opposé à toute intervention étrangère par la force dans ce qui ce passe en Syrie", même s'il a affirmé que "le président Assad n'avait d'autre choix que de partir".

M. Morsi, qui doit se rendre dimanche à Ankara, a estimé néanmoins que les efforts diplomatiques d'un quatuor formé par l'Egypte, l'Iran, l'Arabie saoudite et la Turquie pourraient aider à mettre un terme à la guerre, dans une interview à la chaîne de télévision américaine PBS.

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