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Koweït: la justice rejette un nouveau découpage électoral

25/09/2012 04:35 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

La Cour constitutionnelle de Koweït a rejeté mardi un recours du gouvernement portant sur un nouveau découpage électoral, à la satisfaction de l'opposition, a rapporté un correspondant de l'AFP.

"Le recours a été rejeté", a déclaré un magistrat de la haute cour, Fayçal al-Morched, devant une salle du Palais de justice où étaient présents de nombreux militants de l'opposition.

L'audience s'est tenue au milieu de strictes mesures de sécurité avec un déploiement de forces anti-émeutes et de véhicules blindés.

Quelque 10.000 personnes ont manifesté lundi soir pour rejeter tout nouveau découpage électoral souhaité par le gouvernement.

Le gouvernement a demandé le mois dernier à la Cour constitutionnelle, dont les avis sont sans appel, de se prononcer sur la loi électorale de 2006 qu'il juge anticonstitutionnelle, mais l'opposition tient à cette loi qui divise le pays en cinq circonscriptions, contre 25 précédemment.

Réuni mardi en séance extraordinaire, le Conseil des ministres a annoncé accepter et "appliquer pleinement" la décision rendue par la Cour constitutionnelle, qui demeure "le recours pour trancher tous les différends juridiques et constitutionnels", selon l'agence officielle Kuna.

Le Koweït, une monarchie dirigée par les Al-Sabah mais qui a un Parlement élu, traverse depuis plusieurs mois une crise politique à répétition.

A la suite d'une série de manifestations, le pouvoir a dissous en décembre 2011 le Parlement élu deux ans plus tôt, et des élections anticipées, en février, ont été remportées par l'opposition islamiste.

Mais par une décision sans précédent, la Cour constitutionnelle a invalidé le 20 juin les élections, dissous le Parlement et rétabli celui de 2009, favorable au gouvernement.

Ce Parlement n'est cependant pas arrivé à se réunir faute de quorum. L'opposition veut sa dissolution et l'organisation d'élections anticipées.

"Le Parlement doit être immédiatement dissous et de nouvelles élections convoquées", a répété l'élu islamiste Moussallam al-Barrak, après l'annonce de la décision de la Cour constitutionnelle. "Le gouvernement doit être sanctionné politiquement car il n'est pas digne de confiance pour gérer les affaires du pays", a-t-il ajouté.

Un autre élu de l'opposition, Fayçal al-Moslem, a réclamé sur Tweeter "la démission du gouvernement pour avoir bloqué le pays durant des mois".

Avant l'avis de la Cour constitutionnelle, les leaders de l'opposition avaient mis en garde contre la volonté prêtée au gouvernement de modifier la loi électorale de 2006. Outre l'élection de février 2012, cette loi a servi de base aux élections parlementaires de 2008 et de 2009.

Certains parmi les opposants ont dénoncé une volonté de la famille régnante de changer unilatéralement le système politique en place depuis un demi-siècle et qui donne de réels pouvoirs au Parlement.

L'opposition a durci début septembre sa campagne pour réclamer des réformes politiques et notamment la désignation d'un Premier ministre hors de la famille des Al-Sabah.

Membre de l'Opep (Organisation des pays producteurs de pétrole), le Koweït, première monarchie du Golfe à avoir un Parlement élu, connaît des crises politiques à répétition depuis 2006, attribuées aux luttes de pouvoir au sein de la dynastie Al-Sabah qui règne depuis plus de 250 ans.

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