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Junex espère que le PQ permettra la poursuite de l'exploration pétrolière

25/09/2012 03:29 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - Le président et chef de la direction de Junex (TSX:JNX), Jean-Yves Lavoie, espère que le gouvernement Marois permettra la poursuite de l'exploration pétrolière en Gaspésie et à l'île d'Anticosti.

La nouvelle ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a suscité l'ire de la jeune industrie pétrolière et gazière la semaine dernière en affirmant qu'elle ne voyait pas le jour où le gaz de schiste pourrait être exploité de façon sécuritaire.

En entrevue à la radio de Radio-Canada lundi, Mme Ouellet a carrément laissé entendre que le moratoire qui interdit actuellement toute fracturation hydraulique pour extraire du pétrole ou du gaz pourrait devenir permanent.

Junex a annoncé mardi que le forage cet été du puits numéro 4 de la propriété Galt, en Gaspésie, a confirmé «la présence d'une très épaisse colonne de pétrole». Ces travaux ont été autorisés malgré le moratoire en cours parce qu'ils ont été effectués au moyen de procédés conventionnels (sans fracturation du roc).

Au cours des 20 dernières années, Junex et ses partenaires ont investi environ 30 millions $ pour mener des forages sur la propriété Galt, située à environ 20 kilomètres de Gaspé. Selon M. Lavoie, il faudrait injecter 30 millions $ de plus et prévoir deux ans de travaux pour en arriver à la phase de production. Junex dispose actuellement d'environ 21 millions $ en liquidités.

Or, compte tenu de la méfiance d'une grande partie de la population à l'égard du développement du secteur des hydrocarbures au Québec, en raison notamment de la vive controverse entourant le gaz de schiste, Junex ne juge pas opportun de consacrer toutes ses ressources au projet Galt.

«À l'heure actuelle, on entend toutes sortes de choses à gauche et à droite, a déclaré Jean-Yves Lavoie au cours d'un entretien téléphonique, mardi. Est-ce qu'on a le droit de produire? Si je n'ai pas un droit de produire qui est garanti, c'est certain qu'on va être un peu plus réticents sur l'investissement.»

Dans sa plate-forme électorale, le Parti québécois propose d'«adopter une politique d'indépendance énergétique pour réduire nos importations de pétrole et diminuer drastiquement notre consommation de pétrole et de gaz».

Le parti de Pauline Marois ne ferme pas complètement la porte à l'exploitation pétrolière, mais avant d'en arriver là, il veut demander au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) de produire une «étude complète de la filière» et mettre en place un régime de redevances qui permettrait à Québec de «récupérer plus de 50 pour cent du profit avant impôt».

Le dirigeant de Junex reconnaît que la frilosité des investisseurs n'est pas apparue avec l'arrivée au pouvoir du PQ. Elle date du moratoire sur la fracturation hydraulique, décrété l'année dernière.

Le changement de gouvernement a toutefois accru l'incertitude. Les libéraux étaient clairement en faveur du développement de l'industrie pétrolière.

C'est ainsi qu'au printemps dernier, le bras financier du gouvernement, Investissement Québec, a déboursé 15 millions $ pour devenir actionnaire de Junex et de l'autre joueur important dans le secteur pétrolier de la province, Pétrolia (TSX:PEA).

«Si je vais à Toronto ou ailleurs pour aller chercher du financement, je ne pense pas pouvoir payer mon billet d'avion», a lancé M. Lavoie.

Éviter les écueils

Celui-ci reconnaît que pour réussir au Québec, les entrepreneurs pétroliers comme lui devront éviter de répéter les erreurs commises par les firmes qui ont tenté développer le gaz de schiste, dont Junex. Les forages se multipliaient dans la vallée du Saint-Laurent sans que les résidants ne soient correctement renseignés sur ces opérations.

L'exploration pétrolière comporte deux avantages par rapport à la filière du gaz de schiste, estime Jean-Yves Lavoie. D'abord, les grandes entreprises de l'extérieur du Québec ne sont pas encore présentes, ce qui limite selon lui les risques de dérapage.

Ensuite, les réserves potentielles de pétrole sont situées loin des régions peuplées, contrairement aux gisements de gaz de schiste. Par contre, plusieurs d'entre elles sont localisées à l'île d'Anticosti, un milieu sauvage.

Pétrolia possède plusieurs permis d'exploration pétrolière en Gaspésie et à l'île d'Anticosti. Lundi, l'entreprise a annoncé avoir conclu une entente avec l'Institut national de la recherche scientifique pour la réalisation de travaux visant à mieux connaître la nappe phréatique d'Anticosti. Une étude semblable est actuellement en cours sur la propriété Haldimand, située près de Gaspé.

L'action de Junex a clôturé à 74 cents mardi, en hausse de deux cents, alors que celle de Pétrolia a gagné cinq cents ou 3,9 pour cent pour terminer la séance à 1,32 $, à la Bourse de Toronto.

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