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Iran, Syrie, Benghazi, Printemps arabe: les lignes de force d'Obama à l'ONU

25/09/2012 01:17 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

Le président américain Barack Obama a axé mardi son discours devant l'Assemblée générale de l'ONU sur le monde arabo-musulman, avec comme lignes de force l'Iran, la Syrie, l'attaque de Benghazi et le Printemps arabe.

L'IRAN ET LE NUCLEAIRE:

Le président américain a affirmé que les Etats-Unis feraient "ce qu'ils doivent faire" pour empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique. "Ne vous méprenez pas: un Iran doté de l'arme nucléaire (...) ferait peser des menaces sur l'existence d'Israël, sur la sécurité des pays du Golfe, et sur la stabilité de l'économie mondiale", a-t-il martelé. "C'est la raison pour laquelle une coalition de nations demande des comptes au gouvernement iranien. Et c'est pourquoi les Etats-Unis feront ce qu'ils doivent faire pour empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire", a-t-il ajouté, laissant toutefois du "temps et de l'espace" à la "diplomatie".

LA GUERRE EN SYRIE:

Barack Obama a réaffirmé que le régime du président syrien Bachar al-Assad devait "prendre fin" pour "que soit mis un terme aux souffrances de la population syrienne". "L'avenir ne doit pas appartenir à un dictateur qui massacre son peuple", a lancé le président américain.

ATTAQUE DE BENGHAZI ET FILM ISLAMOPHOBE

Aux yeux du président, l'attaque contre le consulat américain de Benghazi le 11 septembre, qui a coûté la vie à l'ambassadeur en Libye Christopher Stevens et à trois autres Américains fut "une attaque contre l'Amérique". "Nous serons implacables pour traquer ces tueurs et les mener devant la justice", a promis M. Obama. Il a de nouveau jugé "répugnant" le film islamophobe "L'Innocence des musulmans", qui a déclenché des violences meurtrières en Afrique, au Proche-Orient et en Asie, tout en rappelant que cette "insulte visant non seulement les musulmans mais aussi l'Amérique" ne justifiait pas les violences. "Aujourd'hui, nous devons affirmer que notre avenir sera tracé par des gens comme Chris Stevens, pas par ses meurtriers. Aujourd'hui, nous devons déclarer que cette violence et cette intolérance n'ont pas de place au sein des Nations unies", a déclaré M. Obama. Puis il a insisté: "Aucun discours ne justifie la violence insensée, aucun mot n'excuse les meurtres d'innocents, aucune vidéo ne justifie l'attaque d'une ambassade".

PRINTEMPS ARABE ET DEMOCRATISATION

Barack Obama a salué le "progrès" que représente le Printemps arabe de 2011, malgré les violences antiaméricaines dans le monde arabo-musulman. "Les événements des deux dernières semaines montrent qu'il nous faut honnêtement dissiper les tensions entre l'Occident et le monde arabe qui avance vers la démocratie", a-t-il déclaré. "Rappelons-nous que nous sommes au temps du progrès. Pour la première fois depuis des décennies, les Tunisiens, les Egyptiens et les Libyens ont désigné de nouveaux dirigeants lors d'élections qui ont été crédibles, disputées et justes", s'est félicité le président américain. Mais "au même titre que nous ne pouvons pas régler tous les problèmes du monde, les Etats-Unis n'ont pas cherché, et ne chercheront pas, à dicter le résultat des transitions démocratiques à l'étranger et nous ne nous attendons pas à ce que toutes les nations soient d'accord avec nous sur tout", a-t-il promis.

LIBERTE D'EXPRESSION

"Comme président de ce pays, comme commandant en chef de nos forces armées, j'accepte que des gens me traitent de tous les noms chaque jour, et je défendrai toujours leur droit à le faire", a dit M. Obama, défendant par-dessus tout la liberté d'expression, même si dans le cas du film anti-islam, elle a eu pour conséquence de blesser des gens. "Quand de nos jours n'importe qui avec un téléphone portable peut d'un seul clic répandre des images offensantes, penser que nous pouvons contrôler le flot d'information est dépassé", a-t-il par ailleurs admis, impliquant que la censure n'était pas une solution.

bur-nr/lor

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