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Crise syrienne: des obus de mortier tombent sur le plateau du Golan

25/09/2012 10:48 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

BEYROUTH - L'armée syrienne a affronté les rebelles en différents endroits du pays mardi, des combats qui ont fait au moins neuf morts et envoyé plusieurs obus de mortier sur le plateau du Golan, occupé par Israël.

Selon l'armée israélienne, personne n'a été blessé par les obus de mortier et les tirs sont considérés comme accidentels. Mais le gouvernement israélien a porté plainte à la force de maintien de la paix de l'ONU qui surveille cette région tendue, un territoire syrien annexé par Israël.

Depuis le début du soulèvement contre le président syrien Bachar el-Assad, il y a 18 mois, les violences ont débordé sur le Liban, la Jordanie et la Turquie. En juillet, des obus de mortier étaient tombés à environ un kilomètre de la frontière du Golan. Ces débordements sont l'un des développements les plus inquiétants de la crise syrienne, qui a le potentiel d'enflammer toute la région.

Les autorités israéliennes considèrent les tirs comme une erreur et ne pensent pas qu'ils visaient spécifiquement le territoire israélien, a indiqué un responsable de la sécurité sous le couvert de l'anonymat. Selon ce responsable, ce n'est pas la première fois que des tirs d'artillerie atteignent le territoire israélien depuis le début de la crise en Syrie.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a réclamé mardi devant l'Assemblée générale une action internationale pour faire cesser la guerre en Syrie, affirmant que le conflit était devenu «une calamité régionale aux ramifications internationales».

«La communauté internationale ne devrait pas regarder ailleurs pendant que la violence devient hors de contrôle» en Syrie, a dit M. Ban.

À Damas, plusieurs bombes ont explosé mardi dans une école qui, selon des militants de l'opposition, était utilisée par les forces du régime comme siège des services de sécurité. D'après de premières informations données par les médias publics, sept personnes ont été blessées.

Sur une vidéo amateur diffusée en ligne, on peut voir de la fumée s'élever au-dessus de plusieurs endroits situés près d'une route majeure. «Une série d'explosions a frappé la capitale, Damas», affirme une personne qui commente la vidéo. L'authenticité de l'enregistrement n'a pas pu être confirmée de source indépendante.

Depuis quelques mois, les rebelles visent de plus en plus souvent des sites de sécurité et des symboles du pouvoir à Damas et à Alep pour tenter de renverser le cours du conflit. En juillet, un attentat à la bombe au coeur de Damas avait tué quatre hauts responsable de la sécurité, dont le ministre de la Défense et le beau-frère du président Bachar el-Assad.

Un militant de l'opposition présent à Damas, Abou Hicham al-Chami, a déclaré à l'Associated Press que l'«École des fils des martyrs» avait été transformé récemment en centre de la sécurité du régime. Il a affirmé que les forces gouvernementales utilisaient cette école comme base pour tirer des obus de mortier sur des quartiers tenus par les rebelles.

La télévision publique syrienne a cité le directeur de l'école, Mohammed Amin Othman, qui a affirmé que deux bombes avaient explosé à l'intérieur de l'établissement, faisant sept blessés et causant des dommages mineurs. La télévision publique a affirmé que les bombes avaient été placées par des «terroristes», le terme utilisé par le gouvernement pour désigner les rebelles.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme affirme pour sa part que 20 personnes ont été blessées, dont plusieurs grièvement, lors de multiples explosions dans l'école. La plupart des blessés sont des militaires, d'après l'Observatoire.

Selon des militants de l'opposition, les combats de mardi entre l'armée et les rebelles ont fait au moins neuf morts.

Atrocités contre les enfants

Le conflit syrien touche durement les enfants, dont certains ont été victimes de meurtre ou de torture, selon un rapport de l'organisation britannique Save The Children publié mardi, qui compile 18 cas d'atrocités racontés par de jeunes réfugiés syriens.

Parmi les cas recensés, celui d'Hassan, 14 ans, qui a vu les membres de sa famille décimés lorsqu'une roquette a atteint une procession funéraire dans son village.

«J'ai retrouvé des morceaux de corps les uns sur les autres. Les chiens ont mangé les cadavres pendant deux jours après le massacre», a raconté le jeune homme, réfugié dans un camp en Jordanie.

Wael, 16 ans, a décrit le meurtre à petit feu d'un enfant de six ans, Alaa, torturé et privé d'eau et de nourriture car son père était recherché par le régime du président Bachar el-Assad. «Je l'ai vu mourir. Il a survécu pendant trois jours puis il est simplement mort», a raconté Wael.

Si le rapport n'identifie pas systématiquement les responsables des violences, la plupart ont été attribuées par le passé aux forces gouvernementales ou aux milices alliées à Bachar el-Assad.

«Chaque crime commis contre des enfants doit être enregistré pour envoyer un message clair à toutes les parties prenantes du conflit selon lequel ces atrocités ne seront pas tolérées», martèle Save The Children, qui demande aux Nations unies d'accroître leur présence sur le terrain pour enquêter sur ces violations des droits de la personne.

Des témoignages similaires à ceux recueillis par l'organisation britannique ont été recensés par l'ONU ou d'autres défenseurs des droits la personne, souligne Save The Children, qui dénonce des actes «répétés».

Près de 2000 enfants ont été tués depuis le début du conflit en Syrie, selon les militants de l'opposition.

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