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25/09/2012 10:43 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

Baptiste Giabiconi: chanteur 2.0, tout simplement

PARIS - PARIS (Sipa) — Passer en moins de trois ans du statut honorable de monteur ajusteur sur hélicoptères près de Marseille à celui d'icône internationale de la mode masculine tout en visant une carrière de chanteur 2.0: c'est le défi que s'était fixé Baptiste Giabiconi en montant à Paris avec son sac à dos.

A 22 ans, celui qui est aussi accessoirement l'égérie au masculin de Karl Lagerfeld marque l'essai avec un premier album, "Oxygen", cofinancé par les fans internautes et disponible en avant-première ce mardi et pendant trois semaines à prix cassé sur un site de vente en ligne, avant son arrivée dans les bacs le 15 octobre, puis sur les plateformes de téléchargement légal.

Si son jeune CV a tout du conte de fées, son pragmatisme, sa foi en ses fans -et en lui-même- sont à première vue déroutants. Bien loin de son image figée sur les pages glacées des magazines, comme il l'a confié dans un entretien à Sipa.

"Oui, je viens d'un milieu modeste et j'en suis fier!", lance-t-il en sirotant un jus de fraise au bar d'un palace parisien. Il est tout aussi fier que son succès ne lui soit pas "monté au citron", une formule provençale pour dire qu'il n'a pas "la grosse tête".

Elevé à la dure par une mère isolée qu'il vénère, il s'est vite habitué à retrousser ses manches, galvanisé par un optimisme à toute épreuve. "Dans la vie, tout est possible et j'en suis la preuve!", lâche-t-il en reconnaissant toutefois "les coups de pouce" du destin après qu'il a décidé de "monter à Paris" à l'âge de 19 ans.

Il n'oublie pas d'ailleurs de remercier "sa maman, sa famille et Karl (Lagerfeld)", le directeur artistique de Chanel qui lui a mis le pied à l'étrier et permis de revenir à sa vraie passion: la musique.

Mais aujourd'hui, c'est à ses fans qu'il voue toute sa ferveur. Et pour cause, avec quelque 828.000 "suiveurs" sur Twitter et plus de 320.000 "amis" sur Facebook, Baptiste Giabiconi a pu jouer à fond la carte du "crowd financing", ce procédé original qui consiste à faire financer un projet artistique par le grand public via internet.

Alors que son album autoproduit était quasiment finalisé au printemps dernier, il a ainsi proposé à ses fans d'en devenir des coproducteurs via le label My Major Company. Les internautes investisseurs ont miser de un à plusieurs milliers d'euros et seront rétribués en fonction du succès commercial de l'album, au prorata de la mise engagée.

Et la mayonnaise a pris. En moins de trois mois, quelque 280.176 euros ont ainsi été récoltés, soit 140% de l'objectif fixé. Le plus gros projet réalisé par le label virtuel et une manne financière que jamais n'aurait autorisée une signature traditionnelle en maison de disques. "Cet album, je l'ai conçu avec et pour les fans, c'est notre bébé à nous", glisse le chanteur, l'oeil humide.

De la conception à l'accouchement, ses "little angels" (petits anges), ainsi qu'il nomme ses fans, ont pu suivre pas à pas la venue au monde d'"Oxygen", notamment grâce aux "tweet cams" qu'il a mis en ligne à leur intention au fur et à mesure de son avancement.

Et si, en bon Corse il estime que "à chaque jour suffit sa peine", il sait aussi ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Il apparaîtra encore comme top-model pour les campagnes Chanel, Fendi et Dior. Des griffes de premier ordre qu'il égrène pourtant comme on récite une liste de courses, et tout en répondant au tweet d'une fan éplorée...

Une simplicité dont pourraient s'inspirer bien des prétendants à la célébrité, et sur laquelle il conclut: "Quand je pointais à l'usine, j'étais un mec heureux. Aujourd'hui, je remercie chaque jour le Bon Dieu, car je suis un grand privilégié de la vie"...

- Sur le Net: www.facebook.com/BaptisteGiabiconiOfficiel

- Sur Twitter: @B —Giabiconi

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