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Un Qatari avec un nouveau virus de la famille du SRAS dans un état critique

24/09/2012 10:01 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

Un Qatari a été hospitalisé à Londres dans un état critique, atteint d'un nouveau virus de la même famille que le "SRAS" - responsable d'une épidémie mortelle en 2003 - mais différent, a indiqué lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

A Ryad, le ministère de la Santé a indiqué que trois cas au total avaient été diagnostiqués en Arabie saoudite et que deux décès avaient été enregistrés dans le royaume.

Un haut responsable du ministère, Ziad Mimich, a précisé à l'AFP que le virus avait été détecté "il y a trois mois" et exclu de soumettre les pèlerins à La Mecque à des mesures préventives.

Le porte-parole de l'OMS, Gregory Hartl a indiqué que "l'homme originaire du Qatar était hospitalisé à Doha (...) puis il a été transféré en Grande-Bretagne, dans un service d'urgence d'un hôpital spécialisé".

Cet homme avait voyagé auparavant en Arabie saoudite, selon M. Hartl.

Le patient de 49 ans, dont l'identité n'a pas été révélée, souffre d'une grave infection pulmonaire et de sérieux problèmes rénaux. Il est atteint d'un virus qui "appartient à la famille des coronavirus, mais il ne s'agit pas du SRAS", a précisé l'OMS.

Les coronavirus font partie d'une large famille qui inclut des virus responsables de simples refroidissements mais aussi le "SRAS", qui a provoqué une épidémie de "pneumonie atypique" à l'origine de 800 morts dans le monde en 2003.

Une autre personne est décédée récemment en Arabie saoudite, à cause d'un virus similaire à celui observé chez ce Qatari, mais selon l'OMS, il est impossible pour l'instant de relier les deux cas.

"Nous n'avons pas entendu parler d'autres cas similaires, nous ne savons pas à quel point ce virus s'est étendu", a ajouté le porte-parole, précisant que l'on ne savait pas comment il a été transmis.

Le ministère saoudien de la Santé a indiqué dimanche dans un communiqué que trois cas au total avaient été diagnostiqués en Arabie saoudite. Il s'agit d'un Saoudien qui est décédé dans un hôpital de Jeddah (ouest) et d'un autre Saoudien qui est décédé également dans le royaume.

Le troisième cas est celui d'un "ressortissant du Golfe qui est toujours soigné en Grande-Bretagne", a ajouté le ministère en référence au patient qatariote.

Le ministère ajoute suivre en "contact avec les organismes de santé dans la région et le monde" l'évolution de la maladie provoquée par ce virus.

L'annonce de ces atteintes par des coronavirus intervient avant la saison du pèlerinage annuel des musulmans à La Mecque prévu cette année fin octobre et qui devrait réunir quelque trois millions de fidèles.

Ziad Mimich a exclu de soumettre les pèlerins à des mesures préventives. "Rien ne sera entrepris et s'il y a du nouveau nous l'annoncerons à temps", a-t-il dit.

A Londres, l'Agence de protection de la santé (Health Protection Agency, HPA) a indiqué que ce nouveau virus était "différent de ceux qui avaient jusqu'à présent été identifiés chez l'être humain". Elle a noté toutefois que les premières investigations n'avaient révélé aucune contamination des personnes ayant été en contact avec le malade, y compris le personnel de santé.

Selon l'agence, "un petit nombre de cas de maladies respiratoires graves ont aussi été signalés au Moyen-Orient au cours des trois derniers mois", et l'un des malades, qui a été soigné au Royaume-Uni, est décédé.

Des examens sont en cours, mais "il n'y a pas de preuve pour l'instant que ce décès ait été provoqué par le même virus ou qu'il y ait un lien avec les deux autres cas", d'après l'agence.

Selon elle, "si l'on se réfère à ce que l'on sait des coronavirus, beaucoup des personnes qui ont été en contact avec eux ont déjà passé la période au cours de laquelle elles auraient pu attraper ce virus".

"Des mesures immédiates ont été prises" pour éviter toute propagation "et il n'y a aucun indice laissant croire à une contamination", a souligné le professeur John Watson, responsable du département des maladies respiratoires au HPA.

"Seuls deux cas ayant été détectés dans le monde et en l'absence d'élément semblant indiquer une contamination, il n'y pour l'instant aucune mesure à prendre à destination du public ou des voyageurs de retour au Royaume-Uni", a-t-il estimé.

Le professeur Peter Openshaw, directeur du Centre des maladies respiratoires infectieuses à l'Imperial College à Londres, a jugé de son côté qu'il fallait "pour l'instant être vigilants".

"Toute preuve de la transmission entre êtres humains (...) serait très inquiétante et ferait surgir le spectre d'une nouvelle épidémie comme celle du SRAS". "Il faut espérer qu'il s'agisse juste de formes rares d'une infection généralement sans gravité, qui seraient passées inaperçues à une époque où le réseau de surveillance n'était pas aussi performant".

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