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Rare sit-in de proches de prisonniers politiques en Arabie saoudite

24/09/2012 06:44 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

Plusieurs dizaines de proches de prisonniers politiques saoudiens ont participé dimanche et lundi à un rare sit-in devant une prison au nord de Ryad pour réclamer la libération des leurs, selon des participants joints par l'AFP.

Les proches de ces prisonniers, détenus sans jugement selon leurs familles, ont mené leur sit-in devant la prison de Tarfiya, près de Qassim (400 km au nord de Ryad). Ils ont entamé le mouvement dimanche, jour de fête nationale en Arabie saoudite où les manifestations sont interdites, et y ont mis fin lundi.

"Les forces de l'ordre nous ont demandé de nous disperser, et nous ont affirmé que notre message avait été reçu", a déclaré à l'AFP Rima al-Juraish, épouse d'un détenu, ajoutant que cinq jeunes gens ayant participé au mouvement avaient été arrêtés.

Quelque 60 hommes, 45 femmes et 13 enfants ont participé au sit-in, a assuré cette femme, expliquant que son mari infirmier était "détenu depuis plus de neuf ans sans aucune charge ni jugement" et qu'elle ne l'avait pas vu depuis près de huit mois.

Une autre femme qui a requis l'anonymat a affirmé que son frère avait été condamné à trois ans de prison il a quatre ans mais restait toujours incarcéré, tandis qu'un autre frère était "décédé en détention en raison du manque de soins". Ils avaient été arrêtés "en raison de leurs tendances religieuses", a-t-elle précisé.

Selon des militants des droits de l'Homme, les détenus sont "des islamistes extrémistes".

Il n'a pas été possible d'obtenir une réaction des autorités, qui démentent l'existence de prisonniers politiques.

Selon l'Association saoudienne pour les droits civiques et politiques (Acpra), 30.000 personnes seraient actuellement détenues dans le royaume pour des raisons politiques.

Entre 2003 et 2006, à la suite d'une vague d'attentats, les autorités saoudiennes avaient livré un combat sans merci contre Al-Qaïda à l'intérieur du pays. En avril 2011, une source judiciaire avait indiqué que 5.080 personnes soupçonnées de terrorisme étaient en cours de jugement ou avaient été jugées devant une cour spéciale.

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