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Nord de la Syrie: des régions entières échappent au contrôle de Damas (AFP)

24/09/2012 10:52 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

Des régions entières du nord de la Syrie, près de la frontière turque, échappent désormais à tout contrôle du régime de Damas, certaines depuis des mois, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Lors de déplacements dans les secteurs contrôlés par les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), ces journalistes ont constaté qu'il était possible de parcourir des centaines de kilomètres, en faisant parfois des détours pour éviter des garnisons ou des villes encore aux mains de l'armée régulière.

Ces territoires sont qualifiés de "libérés" par les insurgés.

Un reporter de l'AFP qui était dans la région d'Idleb (nord-ouest) en mars a constaté qu'au cours des six derniers mois, les insurgés ont gagné du terrain, repoussant les forces loyales au président Bachar el-Assad sur de nombreux fronts et s'emparant de nombreux villages.

La plupart des carrefours sont contrôlés par de petits contingents de rebelles, dormant sous la tente, qui observent placidement le trafic et n'interceptent que les voitures dont ils ne connaissent pas les passagers.

La petite ville d'Atareb, à l'ouest d'Alep, a été prise par l'ASL il y a trois mois, au terme de féroces combats dont les traces sont toujours visibles sur les murs et dans le centre-ville où gisent plusieurs carcasses de chars calcinées.

Des officiers rebelles affirment encercler, sur la route d'Alep, une importante base de l'armée, dernier verrou selon eux sur cette voie desservant la deuxième ville de Syrie, où se déroule une bataille acharnée depuis deux mois. Ils affirment tenir tous les axes alentours et ne craindre que les attaques de l'armée de l'air.

Dimanche, un chef rebelle a affirmé à l'AFP que les troupes du régime syrien perdaient de plus en plus de terrain et que seule leur supériorité aérienne leur permet de ne pas être submergées.

Dans certains gros bourgs, comme Harem par exemple, l'armée ne tient que le centre et s'abstient d'en sortir, toutes les routes alentours ayant été minées par la rébellion.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un réseau de militants, a estimé cette semaine que près de 80% des villes et villages syriens frontaliers de la Turquie échappent au régime.

Les insurgés ont pris la semaine dernière le contrôle d'un quatrième poste-frontière avec la Turquie, Tall Abyad, dans le nord de la Syrie. Leur but avoué est de tenter de connecter entre elles toutes les régions qu'ils contrôlent, afin de créer ce qui pourrait devenir une "zone libérée", adossée à la Turquie qui les soutient.

Au nord-ouest et à la pointe nord-est de la Syrie, les régions majoritairement kurdes sont contrôlées par des milices kurdes, après le retrait, sans combats, de l'armée syrienne au début de l'insurrection.

L'ASL a établi un modus vivendi avec les forces kurdes, qui affichent leur neutralité et ne participent pas, sauf rares exceptions, aux combats contre les troupes de Damas.

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